Le bourdon

Le bourdon filait d’une fleur à l’autre; d’une branche à l’autre; d’un arbre à l’autre même sur la Place du Château à Nyon. Nous étions mi-Mars. Il lui fallait récolter suffisamment de nectar pour passer les journées venteuses qui se profilaient. Il ne semblait pas se soucier que je le suive avec un objectif macro de 85mm monté sur mon appareil photo. Je pouvais le retrouver parmi ses congénères car, lui, avait les bords des ailes élimés. Avait-il été attaqué ? malade ? Était-ce son grand âge ?

Mermay 2026

Fin avril, je me suis dit que je devais me lancer un défi créatif et le relever. Malheureusement, certains de mes projets en ce début d’année ne se sont pas passés comme prévu. Et mes démarches pour me mettre au service d’un nouvel employeur ne rencontrent pas encore le succès.

Qu’est-ce que Mermay?

L’arrivée du joli mois de Mai annonce le défi créatif #Mermay. Fruit de la contraction des mots anglais May (pour le mois de mai) et Mermaid qui signifie sirène. Ce défi s’adresse prioritairement aux artistes graphiques travaillant dans les domaines de l’illustration et de l’animation. Certaines contributions sont mises en avant dans le compte Instagram officiel mermay_official. Quant à moi, je l’ai détourné pour me forcer à progresser dans la photographie macro de mini-figurines d’une marque danoise de jeu de construction en plastiques colorés.

Je n’ai pas de lien officiel avec l’entreprise. J’aime beaucoup les jouets de construction de cette marque et tout ce que des personnes créatives arrivent à en faire. C’est un univers fascinant. Il existe des communautés entières de personnes qui les utilisent pour produire des images au travers de la photo (BrickCentral.com, /r/studshooters) ou de l’animation image par image (BrickFilms.com).

Produire plus pour apprendre plus

Produire et publier 31 clichés en (moins de) 31 jours m’a permis d’apprendre beaucoup de choses. Je le savais depuis le début. La parabole de la classe de poterie qu’on retrouve dans différents livres de business et de développement personnel montre bien que se forcer à produire et apprendre de ses erreurs mène à une meilleure qualité.

La parabole peut être résumée ainsi: Un professeur de céramique a divisé sa classe en deux groupes. Les étudiant·e·s du groupe de gauche étaient notés sur le poids total de pots produits pendant le semestre. Les étudiant·e·s du groupe de droite étaient notés sur la qualité. Un seul pot parfait pouvait suffire à obtenir la meilleure note. À la fin du semestre, les pièces de la plus haute qualité provenaient du groupe noté sur la quantité. En effet, tandis que ce groupe produisait massivement et apprenait de ses erreurs, le groupe « qualité » n’avait fait que théoriser sur la perfection et n’avait rien produit de concret.

Et, dans ce billet d’Austin Kleon, on apprend que les auteurs de cette parabole ont transposé leur exemple. Il concernait, à la base, une classe d’apprenti·e·s photographes.

Une photo par jour est un rythme très soutenu. Cette décision (et la première photo de cette série) ont été prise le 22 avril. Cela ne me laissait pas une énorme avance pour prendre et éditer les 31 photos de sirène — d’autant que je ne pouvais pas consacrer tout mon temps au projet.

Les obstacles à enjamber ont été nombreux. Pour commencer, j’ai dû:

  • surmonter les réticences que je pouvais avoir à aller jouer avec des briques de construction dans la rue devant tout le monde.
  • retrouver, dans ma collection, les quelques sirènes et autres mini-figurines qui pouvaient s’intégrer dans un univers nautique.
  • me creuser la tête pour inventer des situations originales dans lesquelles les faire poser.

Le résultat en images

Voici toutes les photographies publiées pour mon défi #Mermay2026 dans l’ordre inverse de celui de leur publication.

Leçons apprises

Une telle campagne se prépare, en général, plusieurs semaines à l’avance. Là, je n’ai pris que quelques photos d’avance fin avril. C’était loin d’être idéal mais, pour un projet personnel, cela n’est pas très grave.

La pression de devoir publier m’a permis de surmonter la gêne de jouer avec des mini-figures dans la rue; elle m’a aussi encouragé à publier des photos que je ne considère pas toutes comme très bonnes. Cette production rapide m’a permis de beaucoup m’améliorer. Je vois maintenant comment ne plus répéter certaines erreurs. Et tout le chemin qu’il me reste à parcourir.

Fourmis sur les remparts de Nyon

Saviez-vous que des fourmis vivent et travaillent sur les remparts de la ville de Nyon? Je marchais le long de la promenade des vieilles murailles en regardant les plantes qui vivent dans les fissures du mur. A la hauteur du Manoir, j’ai remarqué des fourmis qui se baladaient sur le rempart.

Mon appareil était, alors, équipé d’un objectif macro de 40mm. Inadéquat pour espérer photographier de petites fourmis. Le jour suivant, je suis revenu avec un objectif de 85mm. L’outil reste assez mal adapté, surtout que mon appareil n’a pas l’autofocus le plus performant. Mais à force de persévérance, j’ai réussi à prendre quelques photos valables.

Identification de l’espèce difficile

Sur les pierres les plus claires du mur, les insectes ressortent bien. Malheureusement, il est difficile d’identifier l’espèce exacte de fourmi à partir de ce genre de photos. L’application iNaturalist m’a proposé Lasius brunneus mais un autre utilisateur propose plutôt Lasius emarginatus. Je ne saurais trancher ce débat moi-même, j’attends donc de nouvelles identifications par d’autres utilisateurs et utilisatrices de l’application.

Fourmi bi-colore courant sur les remparts de la ville de Nyon

Celle-ci grimpe le long du mur d’un pas déterminé. Ou plutôt, elle descend et j’ai retourné la photo pour qu’elle soit plus satisfaisante sur le plan narratif.

Fourmi bi-colore poussant un immense fardeau près des remparts de la ville de Nyon

Cette petite fourmi court sur un sol inégal en poussant un immense fardeau.

Profondeur de champs

Ces clichés ont une profondeur de champ très réduite. La zone nette de l’image est très petite — parfois plus réduite encore que la longueur d’une seule fourmi.

Avec un appareil sur trépied, plusieurs clichés dont la mise au point varie régulièrement peuvent se combiner avec des programmes informatiques ou services en ligne spécialisés comme focusstackingonline.com. Les zones nettes des différentes photos se combinent pour en former une seule parfaitement nette. Les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous surtout si le sujet bouge ou qu’on essaie de fusionner des clichés pris sans trépied. Parfois, on est obligé d’accepter les limites. Et, parfois, les limites rendent la photo plus intéressante.

Une profondeur de champ réduite oblige à accepter le flou devant et derrière l’objet de l’observation. C’est assez magique. Photographe et récipiendaires de l’image sont ainsi forcés de se concentrer sur une seule chose. La zone nette est très petite et localisée. Elle nous ramène et nous maintient dans un ici et maintenant. Les zones floues jouent ainsi un rôle très important. Le flou tient le reste du monde à distance pendant qu’on observe l’image.

Pour agir, on a besoin d’être situé et ancré dans un endroit et un temps précis. Nous avons des forces et un pouvoir limités même si beaucoup attendent de nous de toujours optimiser et maximiser notre impact avec de nouvelles méthodes et de nouveaux outils.

Nouveaux outils?

En utilisant des outils d’intelligence artificielle générative comme Firefly Image 5 ou Nano Banana Pro, je pourrais obtenir à la pelle des images de fourmi d’une netteté parfaite. En revanche, il ne s’agirait pas d’une photo de cette fourmi précise. Ce serait une image représentant une fourmi fictionnelle ou toutes les fourmis à la fois. Cette image là n’illustrerait pas mon propos car mon propos est de raconter ma rencontre avec ces fourmis précisément.

Tout comme nous, la petite fourmi doit s’ancrer dans un endroit et un moment précis pour agir. Elle déplace un unique morceau de feuille à la fois. Ce morceau peut nous paraître tout petit. Mais elle est capable de faire de nombreux allers-retours. Et surtout, elle peut compter sur les autres fourmis pour suivre son exemple et, ensemble, elles peuvent ramener beaucoup de ressources dans la colonie.

Nature en ville et découvertes

Depuis que je me promène plus souvent en ville avec mon appareil, je remarque tout un tas de choses fascinantes — à différentes échelles. Et je fais de nombreuses rencontres très enrichissantes.

Qu’ils bordent la promenade des vieilles murailles, la Rue de l’Industrie, les ruelles des Moulins, de la Tour, ou de la Poterne, les vieux murs de la ville de Nyon abritent des mousses, des lichens, des plantes et des animaux merveilleux. Pour les rencontrer, il suffit de s’arrêter et d’attendre quelques secondes. Notre attention se recalibre alors pour nous offrir la possibilité de voir des détails qui semblaient ne pas exister quelques secondes auparavant. Essayez, vous verrez.

Coléoptère à la Duche à Nyon

J’étais sorti pour prendre quelques clichés de la mini-figurine chasseresse de monstres dans la lumière du début de soirée. La sortie piétonne du parking de la Duche qui donne sur la ruelle de la Tour offre une variété de murs anciens et contemporains sur lesquels poser des jouets à photographier.

J’étais concentré à composer mes images, gérer les reflets sur les visages en plastique de mes sujets, sans gêner la circulation des gens sur le chemin. Entre deux clichés, ressortant mon visage du viseur de mon appareil, j’ai été surpris. Un coléoptère noir matte à l’allure un brin inquiétante marchait vers mes mini-figurines et ma lampe LED. Sa démarche était lente et saccadée, sans être pour autant hésitante. J’ai immédiatement remis mes jouets dans leur boîte pour lui ouvrir le passage. Et essayer de faire de belles photos.

Photographie macro d’un coléoptère noir mat probablement du genre Blaps, vu de trois-quart sur un sol granuleux flou.
Coléoptère noir rencontré à la Duche à Nyon un peu avant la tombée du jour.
Photographie macro d’un coléoptère noir mat probablement du genre Blaps, vu de trois-quart sur un sol granuleux flou.

Photographie macro d’un coléoptère noir mat probablement du genre Blaps, vu de profil sur un sol granuleux flou.

Il a continué d’avancer sur le haut du muret. Plusieurs fois, il s’est approché du bord en bougeant les antennes. Apparemment, à chaque fois, il estimait que le mur était trop vertical et trop lisse. Il a renoncé. Rebroussant chemin, il s’en est retourné dans la prairie pleine d’herbes et de graminées bien vertes qui s’étend au pied des pommiers.

Identifier l’espèce

Il est évident que c’est un coléoptère. Mais, comme toujours, j’ai du mal à identifier le genre et l’espèce. Mon observation de ce coléoptère est dans iNaturalist.org avec différentes photographies. J’ai demandé à Euria d’analyser une photo en lui donnant le lieu de l’observation et l’outil propose le genre Blaps. N’hésitez pas à le faire savoir dans les commentaires ici ou sur iNatualist si vous pouvez aider à l’identification.

Je suis toujours ravi de pouvoir découvrir la nature en pleine ville. Dans cette commune de Nyon, rester quelques minutes au même endroit en faisant attention à ce qui nous entoure suffit souvent pour faire de magnifiques rencontres.

De nouvelles photos et une statue d’Ada Lovelace

Dans sa newslettre, Suw Charman-Anderson annonce le rachat de photographies de Ada Lovelace par la National Portrait Gallery du Royaume-Uni. (Pourquoi ne pas utiliser ces clichés pour faire d’Ada la figure tutélaire de votre prochain carnet?) Autre bonne nouvelle, elle annonce aussi l’installation d’une statue de la mathématicienne et programmeuse à Hinckley sur le campus du North Warwickshire and South Leicestershire College.

Pour voir les photographies, la statue d’Ada Lovelace et en apprendre plus, allez lire la dernière newslettre (en anglais) de Suw.

Bien commencer un (nouveau) carnet / journal

Alors que les bullet journals me permettent de gérer mes projets, j’utilise aussi des carnets plus petits que je remplis d’idées, de citations, d’écriture créative, de dessins, de collages, de notes sur les expositions visitées, sur mes voyages, etc. Cette prise de note quotidienne me permet de mesurer le passage du temps, de garder une trace des moments heureux, d’examiner les questions que je me pose, de me décharger des frustrations, de consigner une météo intérieure, et de rester mentalement en mouvement.

Une partie de mes carnets dans une boîte d’archivage

Lorsqu’un carnet est terminé, il y a toute une série d’actions à entreprendre pour clôturer le carnet rempli et préparer son remplaçant. Comme cela fait très longtemps que ces étapes n’ont pas changées, je trouve intéressant de les documenter ici.

Achat d’un nouveau carnet

Lorsque la fin du carnet précédent approche, procurez-vous un carnet peu coûteux; surtout si vous débutez. Moins il sera cher, moins vous aurez d’inhibition pour le remplir de notes triviales, de dessins, de collages et de toutes les autres techniques expérimentales qui vous passeront par la tête. N’hésitez pas à tester les limites et à risquer de l’abîmer, de faire gondoler les pages, etc. Une fois, j’ai mélangé le fond d’une bouteille de colle blanche avec de la cannelle en poudre périmée avant de l’étaler sur la page!

Numérotation des pages

Si le carnet est vraiment très peu cher, les pages ne seront pas numérotées. La première étape est d’apposer un numéro au coin de chaque page. Numéroter les pages à la main met dans une forme de concentration intense mais décontractée. Une fois dans le rythme, cela prend moins de temps qu’on pourrait le craindre. Et c’est très agréable.

Pesées

Pesez le carnet vierge sur une balance de cuisine et inscrivez le poids à vide et la date de pesage sur la dernière page. Pesez le carnet terminé sur une balance de cuisine et inscrivez le poids et la date de pesage sur la dernière page sous la mention du poids à vide. J’ai adopté cette habitude de pesage en voyant Austin Kleon le faire et le documenter. Connaître le poids des éléments ajoutés dans le carnet est une autre façon de mesurer le travail accompli.

Numérotation et datation à l’extérieur du carnet

Utilisez une imprimante à étiquettes (si vous en avez une) pour coller la date de début du nouveau carnet sur la tranche et sur la couverture. Faites de même pour la date de fin du carnet précédent. Imprimez aussi le numéro du carnet en deux exemplaires pour le coller sur la tranche et en haut à droite de la couverture.

Mon carnet est un LEUCHTTURM1917 de format A6 et mon stylo un Caran d’Ache 849 avec un réservoir grande capacité.

Protection du carnet contre le vol, les dommages et les indiscrétions

Si vous voulez pouvoir écrire, coller, dessiner dans votre carnet sans inhibition, vous devez être sûr que personne n’y touchera. Composer une malédiction pour protéger le carnet des dommages, des yeux indiscrets et du vol sur le verso de la page de garde en vis-à-vis de la page 1 est un bon moyen de se rassurer. Très développée à l’époque médiévale, la protections des livres avec des malédictions était déjà utilisée dans l’antiquité mésopotamienne.

Figure tutélaire et protectrice du carnet

Choisissez une figure tutélaire et protectrice pour le nouveau carnet. Trouvez ou imprimer une représentation de la figure et la coller sur la page 1. Indiquer son nom. Cette figure peut être une vraie personne, un personnage de fiction… c’est à vous de choisir. J’ai emprunté cette pratique de désigner une figure protectrice pour mon carnet/mon journal à Austin Kleon (eh oui, encore).

Carnet ouvert sur la première double page et présentant une malédiction bénigne et humoristique sur la page de gauche et placé sous la tutelle d’Apollonie Sabatier représentée sur la page de droite.

Table des matières

Un index ou une table des matières permet de retrouver les choses dans votre carnet plus tard. Calculez 5% du nombre de pages du carnet et mettez-les de côté pour la table de matières à la fin. Suivant la manière dont vous utiliserez cette table des matières, vous pourrez soit raccourcir cette section soit l’allonger dans le prochain carnet.

Prendre des notes tous les jours

La régularité est la chose la plus importante. Je prends des notes chaque matin au réveil même si ce n’est qu’une ligne. Cette promesse est limitée dans le temps et je la renouvelle chaque mois. C’est de cette façon que j’ai réussi à installer profondément cette habitude.

Au travers de ces gestes répétés, la prise de note se perpétue et se transforme en habitude. Tenir un journal et avoir de telles notes rend bien des services. Si, vous aussi, vous avez des habitudes autour de vos carnets de notes et de vos journaux, dites le moi en commentaire.

Bien préparer sa communication et son marketing numérique pour 2026

Les deux derniers mois de l’année sont propices à un bilan et à quelques travaux préparatoires pour l’an prochain. Un billet sur les perspectives qui me semblent se dessiner pour la communication et le marketing numérique devait devenir une petite tradition. J’ai déjà fait cet exercice à propos de l’année 2024 et de l’année 2025. Revoir ces billets avec quelques années de recul offre de précieuses indications sur les sujets qui me semblaient importants à l’époque. Rien que pour ça, ça vaut la peine de les publier.

Une (autre) année tendue

Vu les évènements récents, on peut s’attendre à un futur plutôt désagréable. La crise climatique et la chute de la biodiversité continuent d’accélérer. La septième limite planétaire (sur un total de neuf) a été franchie d’après un rapport de l’Institut Potsdam. Le CO2 rejeté dans l’atmosphère se dissout dans les océans et les rendent acides. Les coraux et les animaux dont la coquille est en calcaire ne peuvent plus se développer normalement.

Les conflits armés, les massacres, partout se multiplient. Les gouvernements ralentissent les investissements dans la transition écologique pour acheter des armes et subventionner les investissements dans les LLMs en espérant faire repartir la croissance. Malheureusement, cela n’a pas l’air de bien fonctionner. Les marchés financiers deviennent plus volatiles. Et les signes d’un éclatement prochain de la bulle spéculative autour de OpenAI et de Nvidia se précisent.

En tant que professionnel·le·s de la communication, nous avons notre rôle à jouer pour faire face à ces multiples crises. D’une part, nous devons prendre soin de l’écosystème communicationnel, contrer la polarisation des idées et des discours autant que possible, cultiver la confiance pour favoriser l’émergence de solutions à tous ces défis. D’autre part, nous devons protéger nos clients et nos employeurs des risques que ces situations tendues ne manqueront pas d’engendrer.

Dans notre communication et notre marketing numérique en 2026, nous continuerons:

  • de faire preuve de souplesse pour adapter nos stratégies de contenu aux changements de stratégie d’affaire des organisations que nous servons;
  • de cultiver, avant tout, la confiance de nos interlocuteurs et interlocutrices;
  • d’investir en priorité dans les canaux que nous et nos client·es maîtrisons: nos propres sites web et nos propres listes d’e-mail.

Incertitudes sur les IA génératives

L’avenir des entreprises spécialisées dans les LLMs et, en particulier, de OpenAI est incertain. Je me demande si la bulle spéculative autour de l’IA générative va finir par éclater dans le courant de 2026.

L’achat de capacité de calcul spécialisées en IA, au travers de puces Nvidia notamment sous-tend une très large part de la valorisation boursière des entreprises étasuniennes. Les projets de construction de centres de calculs et des centrales de production d’énergie censé les alimenter deviennent de plus en plus hors norme et représentent une part importante du PIB étasunien. Les montages financiers destinés à permettre l’achat des puces et le fonctionnement de modèles très gourmands en ressources sont de plus en plus risqués. OpenAI et ses concurrent.e.s ne semblent pas près de dégager des bénéfices – même sur les abonnements payants. Leurs plans pour atteindre la rentabilité semblent extrêmement flous et les chances de succès de plus en plus minces.

Je ne prétend pas tout comprendre des subtilités techniques et financières de ce dossier. Pourtant, il semble clair que nous sommes face à une bulle spéculative. Malheureusement, personne ne peut dire avec certitude combien de temps cette démesure peut continuer.

Lorsque la bulle éclatera ou se dégonflera, nous ferons face à une crise économique. La confiance (mal placée) dans les «génies» de la Silicon Valley sera écornée et les valeurs technologiques perdront une large part de leur attrait pour les investiss·eur·euse·s.

Certains services basés sur les LLMs vont très certainement disparaitre et le prix des autres grimperont en flèche. Bien que j’ai appris à m’en servir plus durant l’année écoulée, je resterai prudent en 2026 et je refuse de devenir totalement dépendant de ChatGPT, Claude ou Gemini.

Incertitudes sur tout le reste

J’essaie d’articuler des propos pas trop alarmants rassurants sur les métiers de la communication en 2026 et j’ai énormément de mal. Ce billet a été recommencé de nombreuses fois et croupi dans mes brouillons depuis déjà trop longtemps. Il doit sortir avant la fin de l’année. La vérité est que je ne sais pas ce qu’il adviendra en 2026 (et vous non plus). Cette ignorance est effrayante car il est très probable qu’on souffre, qu’on doute et qu’on soit obligé de faire des choses qu’on préférerait ne pas faire. Mais l’incertitude ouvre aussi le champ des possibles vers le meilleur — inattendu et potentiellement merveilleux. Dans ces derniers jours de 2025, je vais tenter de m’astreindre à la joie et vivre le moment présent. L’année prochaine viendra bien assez tôt.

Les centres de calcul deviennent très gros

Le nombre et la taille des centres de calculs construits en ce moment pour l’intelligence artificielle devient de plus en plus déraisonnables. Dans sa newslettre Distilled, Michael Thomas revient (en anglais) sur quelques-uns des méga-centres de calcul en construction pour les entreprises de la tech.

L’entreprise de renseignement économique qu’il a fondé et dirige, Cleanview, suit le développement de la production d’énergies renouvelables. Elle a récemment ajouté un outil pour suivre la construction de centre de calcul aux États-Unis et l’évolution de leur consommation d’énergie.