Mermay 2026

Fin avril, je me suis dit que je devais me lancer un défi créatif et le relever. Malheureusement, certains de mes projets en ce début d’année ne se sont pas passés comme prévu. Et mes démarches pour me mettre au service d’un nouvel employeur ne rencontrent pas encore le succès.

Qu’est-ce que Mermay?

L’arrivée du joli mois de Mai annonce le défi créatif #Mermay. Fruit de la contraction des mots anglais May (pour le mois de mai) et Mermaid qui signifie sirène. Ce défi s’adresse prioritairement aux artistes graphiques travaillant dans les domaines de l’illustration et de l’animation. Certaines contributions sont mises en avant dans le compte Instagram officiel mermay_official. Quant à moi, je l’ai détourné pour me forcer à progresser dans la photographie macro de mini-figurines d’une marque danoise de jeu de construction en plastiques colorés.

Je n’ai pas de lien officiel avec l’entreprise. J’aime beaucoup les jouets de construction de cette marque et tout ce que des personnes créatives arrivent à en faire. C’est un univers fascinant. Il existe des communautés entières de personnes qui les utilisent pour produire des images au travers de la photo (BrickCentral.com, /r/studshooters) ou de l’animation image par image (BrickFilms.com).

Produire plus pour apprendre plus

Produire et publier 31 clichés en (moins de) 31 jours m’a permis d’apprendre beaucoup de choses. Je le savais depuis le début. La parabole de la classe de poterie qu’on retrouve dans différents livres de business et de développement personnel montre bien que se forcer à produire et apprendre de ses erreurs mène à une meilleure qualité.

La parabole peut être résumée ainsi: Un professeur de céramique a divisé sa classe en deux groupes. Les étudiant·e·s du groupe de gauche étaient notés sur le poids total de pots produits pendant le semestre. Les étudiant·e·s du groupe de droite étaient notés sur la qualité. Un seul pot parfait pouvait suffire à obtenir la meilleure note. À la fin du semestre, les pièces de la plus haute qualité provenaient du groupe noté sur la quantité. En effet, tandis que ce groupe produisait massivement et apprenait de ses erreurs, le groupe « qualité » n’avait fait que théoriser sur la perfection et n’avait rien produit de concret.

Et, dans ce billet d’Austin Kleon, on apprend que les auteurs de cette parabole ont transposé leur exemple. Il concernait, à la base, une classe d’apprenti·e·s photographes.

Une photo par jour est un rythme très soutenu. Cette décision (et la première photo de cette série) ont été prise le 22 avril. Cela ne me laissait pas une énorme avance pour prendre et éditer les 31 photos de sirène — d’autant que je ne pouvais pas consacrer tout mon temps au projet.

Les obstacles à enjamber ont été nombreux. Pour commencer, j’ai dû:

  • surmonter les réticences que je pouvais avoir à aller jouer avec des briques de construction dans la rue devant tout le monde.
  • retrouver, dans ma collection, les quelques sirènes et autres mini-figurines qui pouvaient s’intégrer dans un univers nautique.
  • me creuser la tête pour inventer des situations originales dans lesquelles les faire poser.

Le résultat en images

Voici toutes les photographies publiées pour mon défi #Mermay2026 dans l’ordre inverse de celui de leur publication.

Leçons apprises

Une telle campagne se prépare, en général, plusieurs semaines à l’avance. Là, je n’ai pris que quelques photos d’avance fin avril. C’était loin d’être idéal mais, pour un projet personnel, cela n’est pas très grave.

La pression de devoir publier m’a permis de surmonter la gêne de jouer avec des mini-figures dans la rue; elle m’a aussi encouragé à publier des photos que je ne considère pas toutes comme très bonnes. Cette production rapide m’a permis de beaucoup m’améliorer. Je vois maintenant comment ne plus répéter certaines erreurs. Et tout le chemin qu’il me reste à parcourir.

Fourmis sur les remparts de Nyon

Saviez-vous que des fourmis vivent et travaillent sur les remparts de la ville de Nyon? Je marchais le long de la promenade des vieilles murailles en regardant les plantes qui vivent dans les fissures du mur. A la hauteur du Manoir, j’ai remarqué des fourmis qui se baladaient sur le rempart.

Mon appareil était, alors, équipé d’un objectif macro de 40mm. Inadéquat pour espérer photographier de petites fourmis. Le jour suivant, je suis revenu avec un objectif de 85mm. L’outil reste assez mal adapté, surtout que mon appareil n’a pas l’autofocus le plus performant. Mais à force de persévérance, j’ai réussi à prendre quelques photos valables.

Fourmi sur une pierre claire du rempart de Nyon à la hauteur du Manoir

Identification de l’espèce difficile

Sur les pierres les plus claires du mur, les insectes ressortent bien. Malheureusement, il est difficile d’identifier l’espèce exacte de fourmi à partir de ce genre de photos. L’application iNaturalist m’a proposé Lasius brunneus mais un autre utilisateur propose plutôt Lasius emarginatus. Je ne saurais trancher ce débat moi-même, j’attends donc de nouvelles identifications par d’autres utilisateurs et utilisatrices de l’application.

Fourmi bi-colore courant sur les remparts de la ville de Nyon

Celle-ci grimpe le long du mur d’un pas déterminé. Ou plutôt, elle descend et j’ai retourné la photo pour qu’elle soit plus satisfaisante sur le plan narratif.

Fourmi bi-colore poussant un immense fardeau près des remparts de la ville de Nyon

Cette petite fourmi court sur un sol inégal en poussant un immense fardeau.

Profondeur de champs

Ces clichés ont une profondeur de champ très réduite. La zone nette de l’image est très petite — parfois plus réduite encore que la longueur d’une seule fourmi.

Avec un appareil sur trépied, plusieurs clichés dont la mise au point varie régulièrement peuvent se combiner avec des programmes informatiques ou services en ligne spécialisés comme focusstackingonline.com. Les zones nettes des différentes photos se combinent pour en former une seule parfaitement nette. Les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous surtout si le sujet bouge ou qu’on essaie de fusionner des clichés pris sans trépied. Parfois, on est obligé d’accepter les limites. Et, parfois, les limites rendent la photo plus intéressante.

Une profondeur de champ réduite oblige à accepter le flou devant et derrière l’objet de l’observation. C’est assez magique. Photographe et récipiendaires de l’image sont ainsi forcés de se concentrer sur une seule chose. La zone nette est très petite et localisée. Elle nous ramène et nous maintient dans un ici et maintenant. Les zones floues jouent ainsi un rôle très important. Le flou tient le reste du monde à distance pendant qu’on observe l’image.

Pour agir, on a besoin d’être situé et ancré dans un endroit et un temps précis. Nous avons des forces et un pouvoir limités même si beaucoup attendent de nous de toujours optimiser et maximiser notre impact avec de nouvelles méthodes et de nouveaux outils.

Nouveaux outils?

En utilisant des outils d’intelligence artificielle générative comme Firefly Image 5 ou Nano Banana Pro, je pourrais obtenir à la pelle des images de fourmi d’une netteté parfaite. En revanche, il ne s’agirait pas d’une photo de cette fourmi précise. Ce serait une image représentant une fourmi fictionnelle ou toutes les fourmis à la fois. Cette image là n’illustrerait pas mon propos car mon propos est de raconter ma rencontre avec ces fourmis précisément.

Tout comme nous, la petite fourmi doit s’ancrer dans un endroit et un moment précis pour agir. Elle déplace un unique morceau de feuille à la fois. Ce morceau peut nous paraître tout petit. Mais elle est capable de faire de nombreux allers-retours. Et surtout, elle peut compter sur les autres fourmis pour suivre son exemple et, ensemble, elles peuvent ramener beaucoup de ressources dans la colonie.

Nature en ville et découvertes

Depuis que je me promène plus souvent en ville avec mon appareil, je remarque tout un tas de choses fascinantes — à différentes échelles. Et je fais de nombreuses rencontres très enrichissantes.

Qu’ils bordent la promenade des vieilles murailles, la Rue de l’Industrie, les ruelles des Moulins, de la Tour, ou de la Poterne, les vieux murs de la ville de Nyon abritent des mousses, des lichens, des plantes et des animaux merveilleux. Pour les rencontrer, il suffit de s’arrêter et d’attendre quelques secondes. Notre attention se recalibre alors pour nous offrir la possibilité de voir des détails qui semblaient ne pas exister quelques secondes auparavant. Essayez, vous verrez.

Coléoptère à la Duche à Nyon

J’étais sorti pour prendre quelques clichés de la mini-figurine chasseresse de monstres dans la lumière du début de soirée. La sortie piétonne du parking de la Duche qui donne sur la ruelle de la Tour offre une variété de murs anciens et contemporains sur lesquels poser des jouets à photographier.

J’étais concentré à composer mes images, gérer les reflets sur les visages en plastique de mes sujets, sans gêner la circulation des gens sur le chemin. Entre deux clichés, ressortant mon visage du viseur de mon appareil, j’ai été surpris. Un coléoptère noir matte à l’allure un brin inquiétante marchait vers mes mini-figurines et ma lampe LED. Sa démarche était lente et saccadée, sans être pour autant hésitante. J’ai immédiatement remis mes jouets dans leur boîte pour lui ouvrir le passage. Et essayer de faire de belles photos.

Photographie macro d’un coléoptère noir mat probablement du genre Blaps, vu de trois-quart sur un sol granuleux flou.
Coléoptère noir rencontré à la Duche à Nyon un peu avant la tombée du jour.
Photographie macro d’un coléoptère noir mat probablement du genre Blaps, vu de trois-quart sur un sol granuleux flou.

Photographie macro d’un coléoptère noir mat probablement du genre Blaps, vu de profil sur un sol granuleux flou.

Il a continué d’avancer sur le haut du muret. Plusieurs fois, il s’est approché du bord en bougeant les antennes. Apparemment, à chaque fois, il estimait que le mur était trop vertical et trop lisse. Il a renoncé. Rebroussant chemin, il s’en est retourné dans la prairie pleine d’herbes et de graminées bien vertes qui s’étend au pied des pommiers.

Identifier l’espèce

Il est évident que c’est un coléoptère. Mais, comme toujours, j’ai du mal à identifier le genre et l’espèce. Mon observation de ce coléoptère est dans iNaturalist.org avec différentes photographies. J’ai demandé à Euria d’analyser une photo en lui donnant le lieu de l’observation et l’outil propose le genre Blaps. N’hésitez pas à le faire savoir dans les commentaires ici ou sur iNatualist si vous pouvez aider à l’identification.

Je suis toujours ravi de pouvoir découvrir la nature en pleine ville. Dans cette commune de Nyon, rester quelques minutes au même endroit en faisant attention à ce qui nous entoure suffit souvent pour faire de magnifiques rencontres.