En cette saison, dans les sinueux lacets du Boiron, on peut croiser de charmantes demoiselles. On les appelle aussi zygoptères. Ce ne sont pas, à proprement parler, des libellules. Les libellules, elles, ont l’œil droit et gauche qui se touchent. Elles ont un corps plus épais et ne replient pas leurs ailes vers le haut au repos.
J’en avais peur à une époque et je les trouve encore un peu inquiétantes aujourd’hui. Des insectes de cette forme, appelés Meganeura, mesurant 30 centimètres de longs et 80 centimètres d’envergure volaient dans les forêts de la période Carbonifère supérieure. On en a retrouvé sous forme fossile en France et au Royaume-Uni. Effrayant!
La demoiselle que j’ai vu ce jour-là a des manières plus discrètes. Elle replie ses ailes vers le haut lorsqu’elle se pose sur la feuille. Ses yeux sont plus petits — et bien séparés.
Je suis parti pour cette balade en espérant revenir avec une bonne photo. Et la nature m’a offert cette rencontre. Juste celle là. La zygoptère est restée tranquille sur cette feuille. Aucune autre personne ni aucun chien n’est venu nous déranger. J’ai pu appuyer plusieurs fois sur le bouton de déclenchement de l’appareil en variant la mise au point pour augmenter mes chances d’avoir au moins une bonne photo. Bien sûr, j’ai tenté de prendre d’autres zygoptères en photo plus loin — sans succès. Elles s’envolaient toujours dès que je montais mon appareil vers mon visage. Ou elles étaient chassées par des joggers ou des chiens en balade. Pourtant, je suis reparti très content de la chance qui m’avait été offerte.
J’ai ajouté cette rencontre sur iNaturalist.org. Si vous en savez plus sur cette demoiselle, allez affiner l’identification là-bas.