De nouvelles photos et une statue d’Ada Lovelace

Dans sa newslettre, Suw Charman-Anderson annonce le rachat de photographies de Ada Lovelace par la National Portrait Gallery du Royaume-Uni. (Pourquoi ne pas utiliser ces clichés pour faire d’Ada la figure tutélaire de votre prochain carnet?) Autre bonne nouvelle, elle annonce aussi l’installation d’une statue de la mathématicienne et programmeuse à Hinckley sur le campus du North Warwickshire and South Leicestershire College.

Pour voir les photographies, la statue d’Ada Lovelace et en apprendre plus, allez lire la dernière newslettre (en anglais) de Suw.

Bien commencer un (nouveau) carnet / journal

Alors que les bullet journals me permettent de gérer mes projets, j’utilise aussi des carnets plus petits que je remplis d’idées, de citations, d’écriture créative, de dessins, de collages, de notes sur les expositions visitées, sur mes voyages, etc. Cette prise de note quotidienne me permet de mesurer le passage du temps, de garder une trace des moments heureux, d’examiner les questions que je me pose, de me décharger des frustrations, de consigner une météo intérieure, et de rester mentalement en mouvement.

Une partie de mes carnets dans une boîte d’archivage

Lorsqu’un carnet est terminé, il y a toute une série d’actions à entreprendre pour clôturer le carnet rempli et préparer son remplaçant. Comme cela fait très longtemps que ces étapes n’ont pas changées, je trouve intéressant de les documenter ici.

Achat d’un nouveau carnet

Lorsque la fin du carnet précédent approche, procurez-vous un carnet peu coûteux; surtout si vous débutez. Moins il sera cher, moins vous aurez d’inhibition pour le remplir de notes triviales, de dessins, de collages et de toutes les autres techniques expérimentales qui vous passeront par la tête. N’hésitez pas à tester les limites et à risquer de l’abîmer, de faire gondoler les pages, etc. Une fois, j’ai mélangé le fond d’une bouteille de colle blanche avec de la cannelle en poudre périmée avant de l’étaler sur la page!

Numérotation des pages

Si le carnet est vraiment très peu cher, les pages ne seront pas numérotées. La première étape est d’apposer un numéro au coin de chaque page. Numéroter les pages à la main met dans une forme de concentration intense mais décontractée. Une fois dans le rythme, cela prend moins de temps qu’on pourrait le craindre. Et c’est très agréable.

Pesées

Pesez le carnet vierge sur une balance de cuisine et inscrivez le poids à vide et la date de pesage sur la dernière page. Pesez le carnet terminé sur une balance de cuisine et inscrivez le poids et la date de pesage sur la dernière page sous la mention du poids à vide. J’ai adopté cette habitude de pesage en voyant Austin Kleon le faire et le documenter. Connaître le poids des éléments ajoutés dans le carnet est une autre façon de mesurer le travail accompli.

Numérotation et datation à l’extérieur du carnet

Utilisez une imprimante à étiquettes (si vous en avez une) pour coller la date de début du nouveau carnet sur la tranche et sur la couverture. Faites de même pour la date de fin du carnet précédent. Imprimez aussi le numéro du carnet en deux exemplaires pour le coller sur la tranche et en haut à droite de la couverture.

Mon carnet est un LEUCHTTURM1917 de format A6 et mon stylo un Caran d’Ache 849 avec un réservoir grande capacité.

Protection du carnet contre le vol, les dommages et les indiscrétions

Si vous voulez pouvoir écrire, coller, dessiner dans votre carnet sans inhibition, vous devez être sûr que personne n’y touchera. Composer une malédiction pour protéger le carnet des dommages, des yeux indiscrets et du vol sur le verso de la page de garde en vis-à-vis de la page 1 est un bon moyen de se rassurer. Très développée à l’époque médiévale, la protections des livres avec des malédictions était déjà utilisée dans l’antiquité mésopotamienne.

Figure tutélaire et protectrice du carnet

Choisissez une figure tutélaire et protectrice pour le nouveau carnet. Trouvez ou imprimer une représentation de la figure et la coller sur la page 1. Indiquer son nom. Cette figure peut être une vraie personne, un personnage de fiction… c’est à vous de choisir. J’ai emprunté cette pratique de désigner une figure protectrice pour mon carnet/mon journal à Austin Kleon (eh oui, encore).

Carnet ouvert sur la première double page et présentant une malédiction bénigne et humoristique sur la page de gauche et placé sous la tutelle d’Apollonie Sabatier représentée sur la page de droite.

Table des matières

Un index ou une table des matières permet de retrouver les choses dans votre carnet plus tard. Calculez 5% du nombre de pages du carnet et mettez-les de côté pour la table de matières à la fin. Suivant la manière dont vous utiliserez cette table des matières, vous pourrez soit raccourcir cette section soit l’allonger dans le prochain carnet.

Prendre des notes tous les jours

La régularité est la chose la plus importante. Je prends des notes chaque matin au réveil même si ce n’est qu’une ligne. Cette promesse est limitée dans le temps et je la renouvelle chaque mois. C’est de cette façon que j’ai réussi à installer profondément cette habitude.

Au travers de ces gestes répétés, la prise de note se perpétue et se transforme en habitude. Tenir un journal et avoir de telles notes rend bien des services. Si, vous aussi, vous avez des habitudes autour de vos carnets de notes et de vos journaux, dites le moi en commentaire.

Les centres de calcul deviennent très gros

Le nombre et la taille des centres de calculs construits en ce moment pour l’intelligence artificielle devient de plus en plus déraisonnables. Dans sa newslettre Distilled, Michael Thomas revient (en anglais) sur quelques-uns des méga-centres de calcul en construction pour les entreprises de la tech.

L’entreprise de renseignement économique qu’il a fondé et dirige, Cleanview, suit le développement de la production d’énergies renouvelables. Elle a récemment ajouté un outil pour suivre la construction de centre de calcul aux États-Unis et l’évolution de leur consommation d’énergie.

Soigner les crayons

Plutôt que de lutter contre l’insomnie, j’ai pris soin de ma collection de crayons de couleur Caran d’Ache. Un rituel simple : tailler, nettoyer, ordonner.

Ces crayons m’accompagnent depuis que je suis enfant. Ils me servent à colorier, dessiner, entretenir la dextérité de mes mains et de mon esprit, développer ma patience et faire du brainstorming. Ils ont permis et vu passer des idées, des projets, des moments de maîtrise et des moments de frustration. Ils sont à la fois outils et témoins.

Prendre soin de ses outils, c’est prendre soin de soi. C’est une forme de respect: envers le travail, envers la créativité, envers ce qui nous construit.

Dans un monde trépidant et difficile à comprendre, ces petits gestes lents me rappellent l’importance de l’entretien – de nos compétences, de notre environnement, de notre énergie.

Tout cela demande une attention régulière, patiente, presque méditative.

Et vous, quels sont vos rituels de soin, même à 4h du matin ?

Le HTML est un langage de programmation et un trésor

Dans cette courte colonne d’opinion publiée dans Wired, Tim Carmody défend le point de vue que le HTML est un langage de programmation. Et qu’il est le plus courant et le plus démocratique.

L’auteur nous décrit son habitude d’éditer son code HTML à la main et nous encourage à refaire de même.

Il souligne aussi la beauté des accidents qui peuvent se produire quand le code est non-conforme. Dans le cas de ce guide de dépannage de machine à broder, le texte grandit de façon exponentielle, rendant le tout inutilisable parce que les balises <h2> et <h3> utilisée par l’auteur ne sont jamais fermée.

👉 https://www.wired.com/story/html-is-actually-a-programming-language-fight-me

L’archive 88×31

L’archive 88×31 constitue une forme d’archéologie numérique salutaire. Mis à jour le 24 juillet 2024, le site contient 31’119 boutons de 88×31 pixels uniques que booters a récupérés dans les archives de GeoCities compilées par l’incroyable Archive Team avant la disparition de l’hébergeur fin 2009.

Ce format réduit permettait de faire des boutons très légers. L’espace de stockage fourni gratuitement par Geocities était de 2 méga-octets et les vitesses de connexion des internautes étaient très faibles. Le plus léger présent dans l’archive pèse 87 octets et le plus lourd 392,9 kilo-octets.

Certains nostalgiques continuent de créer des boutons dans ces dimensions pour que leurs sites se démarquent du web commercial actuel. De toutes les façons, optimiser le code et les images des sites web reste très important. Les sites légers coûtent moins chers. Comme ils utilisent moins d’énergie, ils émettent moins de CO₂. De plus, ils fonctionnent mieux. Les performances comptent dans leur référencement sur les moteurs de recherche. Et un chargement très rapide des pages aide à capter l’attention des gens.

Un mystère continue pourtant de planer… Pourquoi 88 par 31 pixels ? Aucune raison évidente ne se fait jour. Il est difficile de répondre à cette question avec certitude. Le plus vieux bouton se trouvant dans l’archive indique «Netscape NOW!» et faisait partie d’une campagne de publicité. L’hypothèse de booters est donc que ce format a été décidé pour cette campagne pour Netscape.

Blackwell de NVIDIA, deux pas en arrière pour la transition énergétique

NVIDIA a présenté sa nouvelle plateforme d’entraînement de modèle pour l’apprentissage machine. Cette nouvelle plateforme appelée Blackwell consomme deux fois plus d’électricité que les précédentes. Cela va augmenter la consommation électrique des centres de calcul. Cette augmentation fulgurante empêche la transition énergétique. Les sources d’énergie décarbonées vont simplement venir s’ajouter aux sources émettrices de gaz à effet de serre qui resteront en service pour satisfaire la demande croissante.

John Loeffler, l’auteur de l’article, écrit: «Pour tous les autres, cependant, tout ce que j’ai vu, c’est la fin des derniers glaciers de la planète et les déplacements massifs de population qui résulteront du manque d’eau potable».

Ré-ensauvager Internet

Maria Farrell et Robin Berjon ont publié un essai (en anglais) dans NOEMA pour alerter sur le fait que la concentration du pouvoir dans les mains de quelques entreprises fragilise Internet d’un point de vue culturel mais aussi structurel et technologique. La sur-optimisation rend le système moins résilient face aux pannes et aux crises. Ils nous enjoignent à voir Internet comme un écosystème. D’après leur texte, nous devons utiliser les leçons apprises par les biologistes engagés dans la réparation d’écosystèmes pour mettre en place des lois et des règles.

Bullet Journal: utiliser un carnet de notes pour organiser son travail

Dans les bureaux «sans papier» où j’évolue, mon carnet de note et la manière dont je l’utilise étonne parfois. Le système Bullet Journal dont je parle plus bas est, semble-t-il, moins répandu que je le pensais. C’est une méthode d’organisation qui m’aide beaucoup au quotidien, au bureau comme à la maison. Peut-être pourra-t-elle vous servir aussi…

Pourquoi prendre un carnet?

J’essaie régulièrement de m’adapter au bureau «sans papier». On me prête un Mac, en ce moment, alors j’ai encore récemment tenté de tout faire dans «Notes» en dactylographiant avec la police Menlo. Oh-oh. Mais quelle que soit la police ou les outils numériques mis à ma disposition, je ne parviens jamais à proscrire totalement les notes manuscrites.

Dès que les projets et les tâches commencent à s’accumuler, l’expérience m’a appris à revenir aux outils et aux méthodes ayant fait leurs preuves. Papier et stylo.

Les feuilles volantes ont tendances à se multiplier sans cesse, se couvrir de gribouillages, se perdre, etc. Les classeurs permettent de mettre les feuilles ensembles et d’en changer l’ordre mais ils sont volumineux et lourds. Ce n’est pas très adapté aux modalités hybrides du travail contemporaines où l’essentiel de notre matériel doit tenir dans un sac à dos.

Je me souviens qu’à une époque, j’utilisais un Hipster PDA soit un ensemble de bristols A6 et de séparateurs en carton maintenu ensemble par une broche en métal. Cette méthode inventée ou popularisée par Merlin Mann est très efficace lorsque le fait de ne pas pouvoir réordonner les pages de vos carnets vous cause des soucis.

Le carnet A5, lui, offre plus de place. Il peut être acheté prêt à l’emploi. De plus, il est relativement compact et ne devient pas plus encombrant avec le temps. D’une part, mes notes y sont (généralement) propres et soignées. Elles restent ensembles. Et, d’autre part, les pages d’un carnet A5 sont un canevas idéal pour réfléchir et planifier sans contrainte.

Capturer toutes les tâches

Les tâches naissent de multiples façons. Certaines tâches découlent d’emails, d’autres encore émergent en réunion et se retrouvent dans mes notes. Chacun de ces endroits sont ce que David Allen, inventeur de la méthode «Getting Things Done», appelle des in-baskets. Il s’agit de traiter les informations qui entrent par ces canaux, de décider quelles actions entreprendre et dans quel ordre. Ensuite, certaines tâches peuvent entrer dans le logiciel de gestion de projet partagé. D’autres ont une granularité trop fine pour y être ajoutées. Mon carnet me permet de capturer toutes les tâches, au niveau de granularité qui me convient. Sans en laisser échapper une seule.

Évidemment, un carnet seul ne permet pas d’arriver à un tel résultat. Je me sers de la méthode appelée Bullet Journal ou BuJo pour tirer le meilleur parti de mes carnets. Cette méthode d’organisation mise au point par Ryder Carroll, un designer de produits numériques vivant à Brooklyn, New York est souple et adaptable à toutes les situations.

Les éléments de mon Bullet Journal

Je vous conseille de prendre un carnet A5 aux pages numérotées. Si vous souhaitez vous lancer, procurez-vous un Leuchtturm1917. Personnellement, je préfère la version pointillée qui offre un bon compromis entre les petits carreaux et les pages entièrement blanches. Le Leuchtturm1917 est moins cher qu’un Moleskine et reste de très bonne facture.

L’index

Je réserve un certain nombre de pages au début ou à la fin pour la constitution d’un index. Cela permet de retrouver vos notes plus simplement. Les carnets Leuchtturm1917 ont des pages déjà réservées à cet effet.

De plus, pour ne pas se perdre dans le carnet, je fais fréquemment des renvois entre les pages traitant du même sujet. Cela permet de contourner toutes les difficultés créées par le fait qu’on ne puisse pas changer l’ordre des pages.

La liste des projets

La liste maîtresse est la liste de tous les projets dans lesquels j’interviens. J’utilise une définition très large du mot «projet» proposée par David Allen: toute tâche qui nécessite plus d’une seule action est déjà un projet.

Les listes de tâches

Comme leur nom l’indique, il s’agit de listes des tâches à accomplir. Il peut en exister des mensuelles, hebdomadaires ou journalières.

Le future log

Au début de l’année, où au commencement d’un nouveau carnet, je réserve quatre pages pour faire un calendrier. Chaque page est coupée en 3 sections égales. Chaque section représente un mois. J’y mets les échéances importantes et les tâches que j’aurai à accomplir durant un mois spécifique.

Photo de future log dans mon Bullet Journal personnel

Le même format de calendrier peut d’ailleurs aussi servir pour planifier un calendrier éditorial pour un site web ou des comptes de réseaux sociaux.

Les puces (ou bullets)

Il existe aussi tout un système de symboles utilisés pour différencier les éléments de listes (tâches, événements, rendez-vous, pensées). Vous pourrez trouver l’explication complète de ces puces en français dans le guide Bullet Journal de Everlaab. Même si elles donnent leur nom à tout le système, personnellement, je les utilise très peu.

Les actions récurrentes pour garder son Bullet Journal au top

Après chaque réunion, je revois mes notes pour y dénicher toutes les actions à entreprendre et les recopier dans ma liste de tâches.

Chaque fin de semaine, je revoie la liste des projets. Pour chaque projet, je m’assure que je suis au clair sur la manière de le faire avancer et j’inscris la prochaine action à entreprendre dans la liste des tâches pour la semaine suivante.

Chaque début de mois, je transfère les tâches encore ouvertes et celles du calendrier future log sur la liste des tâches de ce mois.

Le Bullet Journal comme manifestation physique de l’organisation

Un Bullet Journal bien tenu a aussi comme avantage d’être un signe extérieur d’organisation et de rigueur intellectuelle. Des notes écrites avec soin et structure, des passages soulignés à la règle… tout cela donne une impression de sérieux et inspire confiance. Bien sûr, cette impression n’est utile que lorsque des résultats concrets sont visibles en dehors du carnet.

Pour nous, travaill∙eur∙euse∙s du monde du numérique, dont la productivité reste souvent confinée dans des systèmes de symboles et dans le royaume des abstractions, mettre une coche ✔ à côté d’une tâche accomplie est toujours très agréable. Le faire dans un carnet permet de détourner les yeux de son écran quelques instants entre les tâches. C’est appréciable.

A la fin de la journée, de la semaine ou du mois, on peut voir et toucher les progrès accomplis. En passant le bout des doigts sur une page bien travaillée, on sent les bosses et les creux fait par la pointe du stylo-bille. A mesure que l’encre sèche et que les fibres du papier reprennent leur place, la sensation offerte en caressant la page change.