Alors que les bullet journals me permettent de gérer mes projets, j’utilise aussi des carnets plus petits que je remplis d’idées, de citations, d’écriture créative, de dessins, de collages, de notes sur les expositions visitées, sur mes voyages, etc. Cette prise de note quotidienne me permet de mesurer le passage du temps, de garder une trace des moments heureux, d’examiner les questions que je me pose, de me décharger des frustrations, de consigner une météo intérieure, et de rester mentalement en mouvement.

Lorsqu’un carnet est terminé, il y a toute une série d’actions à entreprendre pour clôturer le carnet rempli et préparer son remplaçant. Comme cela fait très longtemps que ces étapes n’ont pas changées, je trouve intéressant de les documenter ici.
Achat d’un nouveau carnet
Lorsque la fin du carnet précédent approche, procurez-vous un carnet peu coûteux; surtout si vous débutez. Moins il sera cher, moins vous aurez d’inhibition pour le remplir de notes triviales, de dessins, de collages et de toutes les autres techniques expérimentales qui vous passeront par la tête. N’hésitez pas à tester les limites et à risquer de l’abîmer, de faire gondoler les pages, etc. Une fois, j’ai mélangé le fond d’une bouteille de colle blanche avec de la cannelle en poudre périmée avant de l’étaler sur la page!
Numérotation des pages
Si le carnet est vraiment très peu cher, les pages ne seront pas numérotées. La première étape est d’apposer un numéro au coin de chaque page. Numéroter les pages à la main met dans une forme de concentration intense mais décontractée. Une fois dans le rythme, cela prend moins de temps qu’on pourrait le craindre. Et c’est très agréable.
Pesées
Pesez le carnet vierge sur une balance de cuisine et inscrivez le poids à vide et la date de pesage sur la dernière page. Pesez le carnet terminé sur une balance de cuisine et inscrivez le poids et la date de pesage sur la dernière page sous la mention du poids à vide. J’ai adopté cette habitude de pesage en voyant Austin Kleon le faire et le documenter. Connaître le poids des éléments ajoutés dans le carnet est une autre façon de mesurer le travail accompli.
Numérotation et datation à l’extérieur du carnet
Utilisez une imprimante à étiquettes (si vous en avez une) pour coller la date de début du nouveau carnet sur la tranche et sur la couverture. Faites de même pour la date de fin du carnet précédent. Imprimez aussi le numéro du carnet en deux exemplaires pour le coller sur la tranche et en haut à droite de la couverture.

Protection du carnet contre le vol, les dommages et les indiscrétions
Si vous voulez pouvoir écrire, coller, dessiner dans votre carnet sans inhibition, vous devez être sûr que personne n’y touchera. Composer une malédiction pour protéger le carnet des dommages, des yeux indiscrets et du vol sur le verso de la page de garde en vis-à-vis de la page 1 est un bon moyen de se rassurer. Très développée à l’époque médiévale, la protections des livres avec des malédictions était déjà utilisée dans l’antiquité mésopotamienne.
Figure tutélaire et protectrice du carnet
Choisissez une figure tutélaire et protectrice pour le nouveau carnet. Trouvez ou imprimer une représentation de la figure et la coller sur la page 1. Indiquer son nom. Cette figure peut être une vraie personne, un personnage de fiction… c’est à vous de choisir. J’ai emprunté cette pratique de désigner une figure protectrice pour mon carnet/mon journal à Austin Kleon (eh oui, encore).

Table des matières
Un index ou une table des matières permet de retrouver les choses dans votre carnet plus tard. Calculez 5% du nombre de pages du carnet et mettez-les de côté pour la table de matières à la fin. Suivant la manière dont vous utiliserez cette table des matières, vous pourrez soit raccourcir cette section soit l’allonger dans le prochain carnet.
Prendre des notes tous les jours
La régularité est la chose la plus importante. Je prends des notes chaque matin au réveil même si ce n’est qu’une ligne. Cette promesse est limitée dans le temps et je la renouvelle chaque mois. C’est de cette façon que j’ai réussi à installer profondément cette habitude.
Au travers de ces gestes répétés, la prise de note se perpétue et se transforme en habitude. Tenir un journal et avoir de telles notes rend bien des services. Si, vous aussi, vous avez des habitudes autour de vos carnets de notes et de vos journaux, dites le moi en commentaire.
Suis totalement fan! J’ai deux carnets de « mémoires », un où je réalise mon journal en collages, sans commentaire, depuis 3-4 ans; l’autre où j’écris, quand l’envie me prend, depuis mes 10 ans. Mes rituels sont moins cools que les tiens, dont je vais probablement m’inspirer (j’aime bien l’idée de la formule incantatoire inaugurale, ainsi que celle de la figure tutélaire, je collerai probablement Patti Smith dans tous mes nouveaux cahiers désormais):
– j’inscris « carnet de retraite en moi-même » en p.1, avec dates de début et de fin
– au début de chaque entrée, j’inscris la date (y compris jour), l’heure et l’endroit
– même pas de table des matières ! Il m’arrive de coller des post-it et de stabilobosser les marges quand j’ai des breakthrough dont je veux me resservir plus tard, c’est moins bien.