Prêts à payer pour du contenu en ligne?

Pesos

Cette étude du groupe Gfk dont parlait ZDnet.fr constituait, en 2009, une très mauvaise nouvelle pour les éditeurs de presse francophones. Le cabinet Gfk disait, en substance, que les internautes français n’étaient pas prêts à payer pour accéder à des contenus en ligne. Ainsi, les francophones vivraient dans la croyance que les contenus en ligne sont, par définition, gratuits ou financés par la publicité. Cette étude réalisée en 2009 n’est certainement plus vraiment valide. Mais la situation a-t-elle réellement changé?

Une autre étude plus récente arrive à des résultats très différents. Selon cet article du Figaro qui détaille une étude du Boston Consulting Group, les français seraient prêts à payer plus pour le contenu. En effet, les auteurs de l’étude leur ont demandés ce qu’ils estimaient payer pour leur consommation de média et ont aussi mesurés ce que les français dépensent en réalité. La différence entre ces chiffres indiqueraient un potentiel d’augmentation des dépenses.

Les méthodologies de ces études diffèrent tant qu’elles ne mesurent pas la même chose. Dès lors, on ne peut pas affirmer avec certitude que le public francophone est prêt à payer pour du contenu en ligne plus volontiers aujourd’hui qu’hier. Quiconque pourrait me donner des indicateurs plus fiables sur l’évolution de la mentalité des internautes dans les commentaires gagnerait ma reconnaissance.

L’étude dont parle le Figaro mesure un potentiel d’augmentation de dépenses. Il n’indique pas comment le réaliser ni comment des éditeurs malins pourraient en tirer avantage. Le seul point positif est que, toujours selon cette seconde étude, le public commence à avoir de plus en plus confiance dans la qualité des contenus proposés en ligne. La production de contenu se professionnalise et le fossé entre digital et analogique se ferme. Même si le marché mûrit, que les comportements changent et que les éléments techniques se mettent en place, la question fondamentale reste de savoir quels services et quels expériences offrir pour encourager les clients à délier les cordons de leur bourse.

Crédit Photo : Clearly Ambiguous via Compfight cc

Quand le contenu arrive en dernier

Dans cette histoire de «Clients From Hell», un client envoie la version finale du contenu à son développeur web pour qu’il l’incorpore au site. Le développeur remarque que le texte contient l’adresse e-mail d’un compétiteur en lieu et place de celle de son client. Celui-ci admet sans peine ni honte qu’il a copié-collé du texte depuis le site d’un autre. Et il demande au développeur de changer l’adresse avant de mettre le site en ligne.

Cette indélicatesse du client est répréhensible, bien sûr. Cependant, comme dans beaucoup d’histoires publiées sur ce site, la responsabilité du développeur/designer est à prendre en considération. Dans l’idéal, un professionnel du web devrait être à même d’accompagner son client et de lui expliquer comment développer son propre contenu et le livrer dans les délais. Même si le contenu vient en dernier, des discussions concernant le contenu devraient avoir lieu au début du projet et, plusieurs fois, on devrait faire le point sur l’avancement des travaux dévolus au client — notamment concernant le contenu.

Le client ne traverse pas le processus de design régulièrement. Pour les designers expérimentés, certaines choses sont évidentes. Pourtant, la plupart des clients ne sont pas spécialistes du design. Ils apportent leur expertise sur leurs propres activités et guident leur prestataire de service à travers leur monde. Les professionnels du web devraient faire de même en ce qui concerne la gestion de projet. Et les projets web sont très souvent des projets éditoriaux.

Les considérations techniques sont prenantes et éclipsent souvent les considérations de substance. On préfère laisser la responsabilité des textes, images et autres entièrement au client. Malheureusement, il doit faire tourner son propre business et, sans réel accompagnement, il écrira ses textes de travers ou, pire, aura recours à des expédients comme le copier-coller.

L’écriture et l’illustration pour le web sont un domaine de compétence à part entière. Le processus de création du contenu fait partie du design. Y apporter du soin permet d’assurer une expérience utilisateur encore meilleure. S’il ne vous est pas possible d’accompagner les clients dans ce processus, agrandissez votre équipe et prenez un stratège de contenu. Nous sommes là, entre autres, pour ça.

#Back2Blog réussi !

C’est fini! On arrive déjà au dixième billet de #back2blog, cela veut dire que j’ai relevé le défi avec succès… et aussi que la pression risque de retomber. D’autres participants se posent des questions concernant la suite des évènements comme Luca ou Claire. Comment faire pour ne pas perdre le rythme tout en publiant des billets de qualité sur mon sujet?

Réduire le rythme à deux billets par semaine ne fonctionnera pas dans le cas d’un blogueur seul. Tout d’abord, le rythme quotidien fonctionne très bien parce qu’il est tangible. Je me lève, je me couche; entre les deux, je publie un billet. Très clair. De nombreux créateurs adoptent le jour comme unité de base. Austin Kleon a écrit que le jour est l’unité de base pour toute activité de création. Cette opinion est aussi à la base de la méthode de productivité de Jerry Seinfeld. Il utilise un calendrier mural, fait une croix chaque jour pendant lequel il écrit. Au bout d’un moment, les croix forment une chaîne et le but de l’écriture quotidienne devient de ne pas la briser.

Je pourrais également séparer publication et écriture. Par exemple, en promettant de travailler sur le blog tous le jours sans forcément publier pour assurer une meilleure qualité. Malheureusement, cela me semble illusoire. Le danger est que je polisse le même billet pendant des semaines. La partie la plus difficile du processus est d’appuyer sur le bouton «PUBLIER» — pour moi en tous cas.

Sur des blogs à plusieurs mains, avec des relecteurs et une phase de corrections, je travaille avec plus de sérénité et envoie volontiers mes billets parce que je compte sur mes collègues pour me faire des critiques constructives et me demander des corrections avant la publication. Souvent, ce sont les co-équipiers qui publient le billet.

Seul et sans contrainte de temps, le bouton de publication me semble vraiment difficile à actionner. Pour cette raison, mes précédents blogs avaient tous un rythme de publication très faible et finissaient par s’arrêter.

Forcer la publication quotidienne — au travers du défi de Stéphanie Booth — m’a permis de prendre confiance. Ce défi m’a aussi apporté quelques lecteurs et quelques lectures nouvelles. Sans oublier les autres bénéfices du blogging qui commencent à montrer leurs nez, comme une plus grande clarté dans mes réflexions et des points de vue plus faciles à communiquer aux autres.

En conclusion, je souhaite continuer à essayer de publier tous les jours. Par contre, je devrai prendre un peu d’avance avec mes billets pour ne plus toujours travailler dans l’urgence et pouvoir développer des arguments directement en rapport avec les contenus en ligne.

P.S.: La proposition de Luca de publier une fois par semaine en un jour fixe pour éviter la procrastination est très intéressante car elle répond aux craintes que j’exprime plus haut. En revanche, publier moins souvent risque de me donner des attentes trop élevées par rapport à mes billets et ajouter de la friction. Je vais vraiment essayer de garder un rythme soutenu.

TextRoom, un logiciel d’écriture

Récemment, Openweb a publié un article sur la stratégie de contenu que je leur ai soumis. Et ces quelques derniers jours, entre le défi de retour au blogging et mes ambitions de fiction, j’écris de façon assez soutenue. Sans aller jusqu’à m’inscrire formellement à Nanowrimo, ma vitesse de rédaction grimpe.

Ce rythme de publication quotidien fait des merveilles en ce qui concerne ma cadence d’écriture. Même si d’autres tâches s’accumulent sur la liste des choses «à faire», je reste convaincu que le succès peut se bâtir sur l’écriture et la publication comme je le disais dans ce billet sur le blog communautaire de Paper.li. En d’autres termes, j’applique mes propres conseils et j’espère réussir à maintenir ce rythme.

Le logiciel TextRoom est d’une aide précieuse. Il fait partie des environnements d’écriture sans distractions qui prennent toute la place sur l’écran et aident les rédacteurs à se concentrer sur leurs efforts de création de contenu. Il a quelques fonctions qui le différencie des autres et que j’adore.

  • Premièrement, la fonction «flow» désactive la touche d’effacement du clavier. Elle permet de ne pas se laisser ralentir par son éditeur interne. La seule solution est de taper, taper, taper — toujours en avant.
  • Deuxièmement, le logiciel fait des bruits de machine à écrire. On décrie volontier les interfaces skeumorphes, en ce moment. Dans ce cas, cela rend l’écriture ludique. Le but du jeu étant de faire du bruit sans discontinuer.
  • Troisièmement, on peut définir un objectif d’écriture en nombre de mots ou en minutes. Une barre en bas de l’écran affiche un pourcentage pour informer l’utilisateur de l’état d’avancement de sa tâche.

Une fois un premier jet écrit, il me suffit de le coller dans WordPress et de le relire deux ou trois fois avant d’appuyer sur le bouton «Publier».

Et vous, comment naissent vos billets et comment les éditez-vous avant de les montrer au monde?

Retirez-vous parfois certains billets?

Dimanche! Comme le dit Mlle Cassis, c’est «récré et interdit de bloguer». Pourtant, j’ai pris l’engagement de continuer et je me sens comme un écolier qui doit finir sa composition pour lundi. Je me console en me disant que les billets sans vraiment de fil conducteur ni vraiment d’utilité pourront être retirés durant un prochain nettoyage de printemps mais en attendant, je dois publier quelque chose.

Ceci m’amène à une question intéressante, retirer des billets: est-ce une violation du pacte de lecture d’un blog? Est-ce judicieux et utile?

Au fil de mes périgrinations innombrables dans la blogosphère, je n’ai pas souvent trouvé de blogueurs ou de blogeuses qui disent ouvertement retirer des billets de la circulation. Une fois, dans un blog arrêté et laissé sur le web pour la postérité, la maîtresse des lieux avait fait une petite purge et l’avait annoncée. C’était en 2005, la dame a peut-être décidé de le fermer depuis. Dans tous les cas, je ne le retrouve plus. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’est plus en ligne.

On ne peut pas espérer éradiquer quelque chose du net. Google met des pages en cache, archive.org et la «Wayback Machine» les sauvent pour la postérité. Certains visiteurs ont peut-être des copies sur leurs machines. Si une page a été en ligne, il est probable qu’elle soit encore disponible sous une forme ou sous une autre.

Entre cette réalité de base et le fait que «les URLs cools ne changent pas» selon l’adage, on peut se demander pourquoi faire un nettoyage de printemps? Les anciens billets se bonifient souvent avec le temps en attirant des liens entrants. Pourtant, il est nécessaire de se pencher sur ses archives de temps en temps. En les inventoriant au moins partiellement. On tombera inévitablement sur des billets gênants, trop mal écrits, dont le contenu est repris dans d’autres plus récents et meilleurs.

Dans ces cas, éliminer certains billets me semble légitime. Je me réserve cette option. Je me demande pourtant ce que les autres blogueurs en pensent — notamment ceux du challenge «10 Days Back To Blogging». Qu’en pensez-vous?

Publier ou ne pas publier?

Avec les médias sociaux qui coulent en permanence comme des rivières et réclament constamment des contenus frais, la nouveauté et l’actualité semblent être devenues des valeurs maîtresses. Il pourrait sembler que celui ou celle qui n’arrête jamais de publier des articles et de les annoncer sur les réseaux sociaux reste en tête de la course.

Cela semble vrai quel que soit la qualité des contenus. Même si seule une petite partie de la production sort vraiment du lot, les gens liront, passeront à leurs amis et retiendront celle-là. Les contenus de moindre qualité, eux, seront simplement ignorés.

Rien ne fait jamais l’unanimité et publier régulièrement demande une certaine dose de décontraction. Mais ce raisonnement ne tient vraiment la route que si l’on se donne tous les moyens de réussir et que l’on reste exigeant avec soi. Plus que jamais la qualité est importante.

Écrire des textes, filmer des vidéos, enregistrer des podcasts, puis les éditer convenablement prend un temps considérable. Ce temps est un investissement qu’il faut éviter de prendre trop à la légère. Bien sûr, quand on débute, il vaut la peine de tolérer ses propres défauts pendant qu’on travaille à devenir bon.

Par la suite, il importe de savoir ce qu’on publie et pour qui. Les crawlers de Google ne devraient vraiment pas être votre premier public cible. Jamais. Avec la mise à jour «Panda» des algorithmes de Google, entre autres facteurs, même les plus gros éditeurs de contenus à la qualité discutable se mettent à changer leurs pratiques.

Les perfectionnistes — dont je fais partie — doivent abaisser leurs exigences envers eux-mêmes juste assez pour ne pas se laisser paralyser. C’est pour cette raison que je me suis engagé auprès d’autres blogueurs à publier 10 billets en 10 jours dans ce défi à l’initiative de Stéphanie Booth.

D’un côté, se montrer, faire valoir ses compétences et forger ses idées est trop important pour ne pas s’engager en ligne. D’un autre côté, publier des contenus de mauvaise qualité peut avoir des conséquences fâcheuses sur la réputation. Se forcer à publier est un bon moyen de trouver le juste milieu, j’espère.