Retirez-vous parfois certains billets?

Dimanche! Comme le dit Mlle Cassis, c’est «récré et interdit de bloguer». Pourtant, j’ai pris l’engagement de continuer et je me sens comme un écolier qui doit finir sa composition pour lundi. Je me console en me disant que les billets sans vraiment de fil conducteur ni vraiment d’utilité pourront être retirés durant un prochain nettoyage de printemps mais en attendant, je dois publier quelque chose.

Ceci m’amène à une question intéressante, retirer des billets: est-ce une violation du pacte de lecture d’un blog? Est-ce judicieux et utile?

Au fil de mes périgrinations innombrables dans la blogosphère, je n’ai pas souvent trouvé de blogueurs ou de blogeuses qui disent ouvertement retirer des billets de la circulation. Une fois, dans un blog arrêté et laissé sur le web pour la postérité, la maîtresse des lieux avait fait une petite purge et l’avait annoncée. C’était en 2005, la dame a peut-être décidé de le fermer depuis. Dans tous les cas, je ne le retrouve plus. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’est plus en ligne.

On ne peut pas espérer éradiquer quelque chose du net. Google met des pages en cache, archive.org et la «Wayback Machine» les sauvent pour la postérité. Certains visiteurs ont peut-être des copies sur leurs machines. Si une page a été en ligne, il est probable qu’elle soit encore disponible sous une forme ou sous une autre.

Entre cette réalité de base et le fait que «les URLs cools ne changent pas» selon l’adage, on peut se demander pourquoi faire un nettoyage de printemps? Les anciens billets se bonifient souvent avec le temps en attirant des liens entrants. Pourtant, il est nécessaire de se pencher sur ses archives de temps en temps. En les inventoriant au moins partiellement. On tombera inévitablement sur des billets gênants, trop mal écrits, dont le contenu est repris dans d’autres plus récents et meilleurs.

Dans ces cas, éliminer certains billets me semble légitime. Je me réserve cette option. Je me demande pourtant ce que les autres blogueurs en pensent — notamment ceux du challenge «10 Days Back To Blogging». Qu’en pensez-vous?

Lectures du week-end, 3 nov. 2012

La liste de lecture de la fin de semaine… sent la panne d’inspiration pour cette cinquième journée du défi «10-Day Back To Blogging». Tous ces liens que je partage avec des annotations sommaires ou sans annotations sur les réseaux sociaux méritent bien cette attention.

  • Dans son «A dialectic on cute», Elizabeth McGuane se demande quel ton employer dans la communication. Un certain ton de proximité et d’enthousiasme s’insinue partout des blogs de start-ups californiennes jusqu’au dos des paquets de soupe. Ce ton censé, au départ, être un moyen de se distinguer devient la norme et une forte tendance à l’hyperbole s’installe. Elle appelle à se méfier de cette tendance et considérer le ton d’une marque comme un élément de design qui peut donc être testé avec les méthodes de l’expérience utilisateur.
  • Avec «I cannot design or code a responsive website», Nick Jones parle de l’influence paralysante des conseils et des ressources de design. Les praticiens du design ont des exigences élevées par rapport à eux-mêmes parce qu’ils ont accès à toutes sortes de ressources pédagogiques en ligne. Cette pression ralentit l’adoption de nouvelles techniques. Ils tardent à se mettre au «responsive design» par peur de ne pas assez bien faire. Bien sûr, ce constat ne s’applique pas uniquement au design et au développement web.
  • Steven Levy écrit, pour Wired, «Google Throws Open Doors to Its Top-Secret Data Center» (Google ouvre grandes les portes de son centre de données top-secret). Cet article traînait dans ma liste de lecture depuis sa publication. Google doit faire croître ses infrastructures. L’entreprise est engagée dans une amélioration constante de ses centres de données pour économiser de l’énergie et de l’argent. Ils construisent leurs propres serveurs depuis un moment déjà. Peut-être créeront-ils même un jour leurs propres processeurs…
  • Un très bon article sur l’un des plus grands sites de nouvelles sportives américain: Bleacher Report. «Top 5 Ways Bleacher Report Rules the World!» (Les 5 manières dont Bleacher Report contrôle le monde) de Joe Eskenazi est un long article très fouillé . Il nous apprend, entre autres, comment fonctionne le processus de travail dans cette «rédaction» native du web: une équipe aidée d’outils sophistiqués définit des mots-clés qui deviendront populaires deux ou trois jours plus tard, des éditeurs en font des titres racoleurs, puis une armée de volontaires écrivent des articles pour justifier ces titres. Les volontaires qui amènent le plus de trafic reçoivent des badges et grimpent dans la hiérarchie jusqu’à finalement gagner un peu d’argent.

Publier ou ne pas publier?

Avec les médias sociaux qui coulent en permanence comme des rivières et réclament constamment des contenus frais, la nouveauté et l’actualité semblent être devenues des valeurs maîtresses. Il pourrait sembler que celui ou celle qui n’arrête jamais de publier des articles et de les annoncer sur les réseaux sociaux reste en tête de la course.

Cela semble vrai quel que soit la qualité des contenus. Même si seule une petite partie de la production sort vraiment du lot, les gens liront, passeront à leurs amis et retiendront celle-là. Les contenus de moindre qualité, eux, seront simplement ignorés.

Rien ne fait jamais l’unanimité et publier régulièrement demande une certaine dose de décontraction. Mais ce raisonnement ne tient vraiment la route que si l’on se donne tous les moyens de réussir et que l’on reste exigeant avec soi. Plus que jamais la qualité est importante.

Écrire des textes, filmer des vidéos, enregistrer des podcasts, puis les éditer convenablement prend un temps considérable. Ce temps est un investissement qu’il faut éviter de prendre trop à la légère. Bien sûr, quand on débute, il vaut la peine de tolérer ses propres défauts pendant qu’on travaille à devenir bon.

Par la suite, il importe de savoir ce qu’on publie et pour qui. Les crawlers de Google ne devraient vraiment pas être votre premier public cible. Jamais. Avec la mise à jour «Panda» des algorithmes de Google, entre autres facteurs, même les plus gros éditeurs de contenus à la qualité discutable se mettent à changer leurs pratiques.

Les perfectionnistes — dont je fais partie — doivent abaisser leurs exigences envers eux-mêmes juste assez pour ne pas se laisser paralyser. C’est pour cette raison que je me suis engagé auprès d’autres blogueurs à publier 10 billets en 10 jours dans ce défi à l’initiative de Stéphanie Booth.

D’un côté, se montrer, faire valoir ses compétences et forger ses idées est trop important pour ne pas s’engager en ligne. D’un autre côté, publier des contenus de mauvaise qualité peut avoir des conséquences fâcheuses sur la réputation. Se forcer à publier est un bon moyen de trouver le juste milieu, j’espère.