“Béton armé” de Philippe Rahmy

En revenant de Los Angeles l’an dernier, je ne trouvais pas de fil conducteur à mes expériences en essayant de les raconter. Je n’avais que des bribes difficiles à faire tenir dans un ordre chronologique. Ainsi, j’ai demandé à mes amis grands lecteurs des références de récits de voyage qui parvenaient à se passer de chronologie. @Invidiosa m’a de suite répondu en me conseillant “Béton armé” de Philippe Rahmy. Je l’ai commandé en un clic. Lorsque le livre est arrivé, il est resté longtemps sur la pile à lire (c’est une fatalité). Mais j’ai fini par le lire presque un an après: je savais qu’il me fallait le lire (sans doute était-ce aussi une fatalité).

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J’ai bien fait car le narrateur de “Béton armé” se demande aussi comment décrire le voyage au début de l’oeuvre. Et sa réponse est très très bonne. Le récit raconte un voyage et une plongée dans un autre monde. Le narrateur tout comme l’auteur est atteint de la maladie des os de verre. Un mieux dans son état de santé coïncidant avec une invitation de l’Association des écrivains de Shanghai, il décide de partir. On suit le narrateur alors qu’il entre dans Shanghai, comme il le perçoit… La langue travaillée et poétique de Philippe Rahmy s’emploie, pleine d’élan, à décrire ses découvertes.

Le récit narre un voyage en solo souvent difficile. Le voyageur prend les transports en commun. Il aime revenir aux mêmes endroits et y passer du temps. Les obligations protocolaires draînent son énergie. Il est absorbé par les scènes de rue. Et comme tout voyage, c’est aussi l’occasion d’une touchante et fructueuse introspection: une exploration de souvenirs personnels.

Je n’ai pas fini d’y penser et mes idées autour de ce livre n’ont pas fini de prendre forme. “Béton armé” fait partie de ces oeuvres qui restent à l’esprit longtemps. C’est un beau voyage.

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