Comment structurer un récit?

Je me suis lancé dans un projet de fiction, ce mois-ci. J’essaie de suivre le rythme de NaNoWriMo (1700 mots/jour). Malheureusement, je suis encore bien en dessous. Peut-être à cause du fait que j’explore l’histoire sans avoir établi de plan. Pour en avoir le coeur net, quelques-unes de mes séances d’écriture ont été utilisée pour esquisser un plan. J’ai ressorti une très belle collection de billet compilée dans le PDF “The Plot Thickens, Mwahahah” de Jordan McCollum. Il est disponible gratuitement en anglais sur son site.

Chaque méthode a de bons et de mauvais côtés. Certaines vous correspondront et d’autres pas. Je vous en présente deux très populaires: la première avec laquelle je n’arrive pas à travailler et la deuxième qui m’aide beaucoup.

La méthode du flocon de neige

La méthode du flocon part d’une forme simple et s’inspire des fractales pour faire pousser une histoire complexe. Il convient de résumer son histoire en une phrase, puis de l’étendre sur un paragraphe et ensuite, de travailler sur les personnages. Si elle permet d’ajouter des péripéties petit à petit en gardant le contrôle de l’histoire, elle ne guide pas vraiment la structure du récit dans son ensemble et peut conduire à une paralysie analytique, comme le dit Jordan McCallum. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le guide écrit par Randy Ingermanson, traduit de l’anglais et commenté par Alice Pervilhac (version originale ici).

Le parcours du héros

Si l’histoire a un héros clairement identifié, cette méthode est très bonne. Je la conseille notamment pour les personnes qui doivent rédiger des pages «À propos» pour leurs sites et leurs réseaux sociaux.

Cette structure se base sur les recherches académiques de Joseph Campbell. En étudiant de très nombreux mythes, il a crée cette structure qui serait, d’après lui, suffisamment abstraite pour les décrire tous. Aujourd’hui, de nombreux lettrés voient sa théorie comme un simplification trop grande. Les mérites scientifiques de cette théorie ne nous intéresse pas. Ce qui nous préoccupe ici, c’est l’art de structurer un récit. Pour cet usage, cette structure est très utile.

Un héros clairement défini passe à travers un certain nombre d’étapes:

  • L’Appel à l’aventure: Le héros est confronté à un évènement qui l’appelle à l’aventure et le sort de la situation initiale. Il pourra soit résister à cet appel un moment avant de succomber, soit embrasser sa quête tout de suite.
  • Aide surnaturelle: Dans un deuxième temps, il reçoit une aide sous forme d’un conseil ou d’un outil comme une épée magique. S’il est réticent, la figure qui va l’aider pourra le convaincre de se lancer dans la quête. Peut-être même cherchera-t-elle a le dissuader. Par exemple, dans L’épopée de Gilgamesh, le dieu solaire tente de retenir le roi auprès de ses sujets.
  • Gardien(s) du passage vers l’inconnu: Qu’il s’agisse d’un passage physique ou symbolique, il est souvent gardé par un ou plusieurs personnages secondaires. Par exemple, les hommes-scorpions que rencontre Gilgamesh sur le chemin vers l’au-delà. Ils peuvent être antagonistes et lui créer des problèmes, l’avertir de dangers ou l’aider activement.
  • Épreuves et tentations: Avant d’arriver à son but, le héros devra encore franchir d’autres obstacles et subir de nombreuses tentations. Peut-être fera-t-il fausse route avant de se raviser.
  • Révélations dans l’abysse. Qu’il réussisse ou pas à accomplir son but initial, les abysses du voyage le changent à tel point qu’on peut parler de mort et de renaissance symboliques.
  • Transformation: Dans la section suivante, le héros et le lecteur se rendent compte de l’importance de la transformation subie dans les abysses.
  • Expiation: Grâce à sa nouvelle sagesse ou à ses nouveaux pouvoirs, peut-être va-t-il payer les errements de la situation initiale et promettre de s’amender. De mauvais roi, il devient un bon roi. De mauvais époux et père de famille, il devient bon époux et père de famille, par exemple.
  • Retour dans le monde connu avec la cadeau de la déesse. Tout à la fin, il ramène dans le monde connu les leçons apprises ou les artefacts acquis durant la quête. S’ils les a volés, il peut être poursuivi. Si on les lui a offerts, il peut être accompagné. Dans tous les cas, l’enjeux est qu’il apprenne à en faire bon usage dans sa réalité quotidienne une fois revenu.

Il existe d’autres modèles d’histoires, bien sûr, mais ce sont les seules avec lesquelles j’ai travaillé suffisamment longtemps pour les juger. À mesure que j’en essayerai d’autres, je pourrai les traiter sur mon blog. Voudriez-vous m’indiquer celles que vous préférez dans les commentaires pour guider ma quête 🙂

Quand le contenu arrive en dernier

Dans cette histoire de «Clients From Hell», un client envoie la version finale du contenu à son développeur web pour qu’il l’incorpore au site. Le développeur remarque que le texte contient l’adresse e-mail d’un compétiteur en lieu et place de celle de son client. Celui-ci admet sans peine ni honte qu’il a copié-collé du texte depuis le site d’un autre. Et il demande au développeur de changer l’adresse avant de mettre le site en ligne.

Cette indélicatesse du client est répréhensible, bien sûr. Cependant, comme dans beaucoup d’histoires publiées sur ce site, la responsabilité du développeur/designer est à prendre en considération. Dans l’idéal, un professionnel du web devrait être à même d’accompagner son client et de lui expliquer comment développer son propre contenu et le livrer dans les délais. Même si le contenu vient en dernier, des discussions concernant le contenu devraient avoir lieu au début du projet et, plusieurs fois, on devrait faire le point sur l’avancement des travaux dévolus au client — notamment concernant le contenu.

Le client ne traverse pas le processus de design régulièrement. Pour les designers expérimentés, certaines choses sont évidentes. Pourtant, la plupart des clients ne sont pas spécialistes du design. Ils apportent leur expertise sur leurs propres activités et guident leur prestataire de service à travers leur monde. Les professionnels du web devraient faire de même en ce qui concerne la gestion de projet. Et les projets web sont très souvent des projets éditoriaux.

Les considérations techniques sont prenantes et éclipsent souvent les considérations de substance. On préfère laisser la responsabilité des textes, images et autres entièrement au client. Malheureusement, il doit faire tourner son propre business et, sans réel accompagnement, il écrira ses textes de travers ou, pire, aura recours à des expédients comme le copier-coller.

L’écriture et l’illustration pour le web sont un domaine de compétence à part entière. Le processus de création du contenu fait partie du design. Y apporter du soin permet d’assurer une expérience utilisateur encore meilleure. S’il ne vous est pas possible d’accompagner les clients dans ce processus, agrandissez votre équipe et prenez un stratège de contenu. Nous sommes là, entre autres, pour ça.

Lectures du week-end, 9 nov. 2012

Je vous propose, comme la semaine passée, quatre ou cinq liens choisis dans mes lectures de la semaine écoulée.
  • Karen McGrane, stratège de contenu et grande pédagogue, est interviewée par Mike Monteiro et Leah Reich dans Let’s Make Mistakes — un podcast de design. Ils évoquent la sortie de son livre intitulé “Content Strategy for Mobile”.
  • Suw Charman-Anderson, spécialiste de l’auto-édition entre autres, parle de la réaction d’Amazon face au scandale des faux avis de clients laissés sur les livres. Leur solution implique d’empêcher les auteurs et les éditeurs de donner leur avis sur les livres. Lorsque leurs décisions de retirer des commentaires sont mises en causes, ils menacent de retirer de la vente le livre sur lequel le commentaire a été laissé.
  • Comment le Huffington Post modère et valorise plus de 70 millions de commentaires par année. Jeff Sonderman signe cet article pour Poynter.org. Julia — l’intelligence artificielle linguistique du HuffPo — permet d’aider les modérateurs à éliminer les mauvais commentaires et aussi à mettre en avant les commentaires les plus pertinents. L’article évoque les points forts de Julia mais aussi ses faiblesses en ce qui concerne des subtilités émotionnelles. Très intéressant.
  • Derek Powazek, spécialiste de la gestion de communauté et de l’édition distribuée. annonce le lancement de son nouveau projet: Cute-fight.com. Deux utilisateurs mettent en compétition leurs animaux de compagnie. D’autres utilisateurs votent alors pour désigner le plus mignon. Le billet d’annonce de la sortie de bêta est le dernier d’une très bonne série dans laquelle il livre son opinion et ses sentiments sur les startups.

#Back2Blog réussi !

C’est fini! On arrive déjà au dixième billet de #back2blog, cela veut dire que j’ai relevé le défi avec succès… et aussi que la pression risque de retomber. D’autres participants se posent des questions concernant la suite des évènements comme Luca ou Claire. Comment faire pour ne pas perdre le rythme tout en publiant des billets de qualité sur mon sujet?

Réduire le rythme à deux billets par semaine ne fonctionnera pas dans le cas d’un blogueur seul. Tout d’abord, le rythme quotidien fonctionne très bien parce qu’il est tangible. Je me lève, je me couche; entre les deux, je publie un billet. Très clair. De nombreux créateurs adoptent le jour comme unité de base. Austin Kleon a écrit que le jour est l’unité de base pour toute activité de création. Cette opinion est aussi à la base de la méthode de productivité de Jerry Seinfeld. Il utilise un calendrier mural, fait une croix chaque jour pendant lequel il écrit. Au bout d’un moment, les croix forment une chaîne et le but de l’écriture quotidienne devient de ne pas la briser.

Je pourrais également séparer publication et écriture. Par exemple, en promettant de travailler sur le blog tous le jours sans forcément publier pour assurer une meilleure qualité. Malheureusement, cela me semble illusoire. Le danger est que je polisse le même billet pendant des semaines. La partie la plus difficile du processus est d’appuyer sur le bouton «PUBLIER» — pour moi en tous cas.

Sur des blogs à plusieurs mains, avec des relecteurs et une phase de corrections, je travaille avec plus de sérénité et envoie volontiers mes billets parce que je compte sur mes collègues pour me faire des critiques constructives et me demander des corrections avant la publication. Souvent, ce sont les co-équipiers qui publient le billet.

Seul et sans contrainte de temps, le bouton de publication me semble vraiment difficile à actionner. Pour cette raison, mes précédents blogs avaient tous un rythme de publication très faible et finissaient par s’arrêter.

Forcer la publication quotidienne — au travers du défi de Stéphanie Booth — m’a permis de prendre confiance. Ce défi m’a aussi apporté quelques lecteurs et quelques lectures nouvelles. Sans oublier les autres bénéfices du blogging qui commencent à montrer leurs nez, comme une plus grande clarté dans mes réflexions et des points de vue plus faciles à communiquer aux autres.

En conclusion, je souhaite continuer à essayer de publier tous les jours. Par contre, je devrai prendre un peu d’avance avec mes billets pour ne plus toujours travailler dans l’urgence et pouvoir développer des arguments directement en rapport avec les contenus en ligne.

P.S.: La proposition de Luca de publier une fois par semaine en un jour fixe pour éviter la procrastination est très intéressante car elle répond aux craintes que j’exprime plus haut. En revanche, publier moins souvent risque de me donner des attentes trop élevées par rapport à mes billets et ajouter de la friction. Je vais vraiment essayer de garder un rythme soutenu.

Une bibliothèque est-elle une fenêtre?

En me promenant devant la bibliothèque d’un ami récemment, je me suis rendu compte que les livres offrent des renseignements innombrables sur leur détenteur. Je voulais m’en tirer à bon compte en publiant une photographie de ma bibliothèque. De cette façon, j’aurai tenu ma promesse pour le défi #back2blog et partagé, dans le même temps, quelque chose d’utile et de personnel. Malheureusement, la plupart des photos que j’ai prises de bibliothèques entières sont sorties très floues.

Plusieurs essais ont été nécessaires pour faire une bonne photo de la section consacrée aux fictions et poésies anglophones. Ulysses de James Joyce continue à me résister et je le lâche toujours dans les premières pages. Il me reste de l’espoir et le prochain essai sera sûrement le bon. Les trois gros volumes recouverts de papier kraft (pour ne pas que je les abîme en les lisant) font partie de la série A Story of Ice And Fire de George RR Martin. Et bien sûr… l’entropie d’une bibliothèque qui vit fait qu’il y a quelques intrus qui ne sont ni de la fiction, ni de la poésie ou alors pas en anglais. Vous pouvez vous amuser à les chercher et les indiquer dans les commentaires, si le coeur vous en dit.

Étagère de fiction et poésie anglophone dans laquelle se sont glissés quelques intrus. Saurez-vous les trouver ?

Le fait qu’il soit si difficile de photographier des livres est significatif. On peut certainement tirer des conclusions sur la difficulté de concevoir le design graphique pour des tranches de livre. Certaines sont volontairement illisible pour attirer l’oeil (la tranche rose de Microserfs de Douglas Coupland) comme les gens qui parlent trop doucement pour se donner de l’importance.

Bien sûr, il n’y a pas que de la fiction dans ma bibliothèque. Toute une section est consacrée aux livres d’essais, d’analyse littéraire, de développement personnel, d’affaires, etc. C’est un peu l’anarchie, car la plupart des livres sortent du rayon régulièrement. J’ai fini The Information de James Gleick depuis quelques semaines. Il est vraiment formidable. La plupart des autres aussi.

Continuons à parler des livres dans les commentaires. Reconnaissez-vous certains livres que vous possédez aussi? Certaines tranches vous interpellent-elles? Que lisez-vous en ce moment?

Inventaires de contenu semi-automatiques

Les inventaires de contenu complets et à jour permettent de savoir ce qui se trouve sur votre site en permanence. Il y a d’autres avantages. On peut aussi répondre à des questions pointues et utiles pour établir de meilleures pratiques éditoriales. Par exemple, l’inventaire de Pompage.net permet de connaître le temps écoulé entre la publication d’un article et la publication de sa traduction. De même, cette information peut être mise en relation avec les statistiques de fréquentation pour savoir si l’âge d’un article a un effet sur la popularité de sa traduction.

Un tableur est souvent la solution qu’utilisent les praticiens pour les inventaires de contenu. On le structure comme suit: une ligne par page ou par composant et des colonnes telles que l’URL actuelle, le titre, la date de publication, la catégorie, les mots-clés et les tags, ainsi que tout ce qu’on jugera bon d’ajouter. Comme ceci:

En réalité, l’utilisation d’une feuille de calcul est un peu un hack. Les tableurs ne sont pas vraiment fait pour contenir autant de texte. Ce choix se défend, pourtant. Les gestionnaires d’entreprise et les clients maîtrisent bien ces programmes et ils permettent de gérer les dates, les indices de lisibilité et les statistiques de fréquentation. De plus, il existe de nombreux modèles d’inventaire avec macros en circulation.

Beaucoup d’inventoristes aiment travailler en parcourant le site eux-même avec un navigateur et copier-coller les infos dans les bonnes cases. Réaliser le travail à la main en faisant du copier-coller permet de se familiariser avec le contenu. De cette façon, l’inventoriste devient vite la personne qui connait le mieux le contenu du site dans l’équipe.

De plus, arriver au bout d’un travail aussi titanesque procure un sentiment d’héroïsme. On aura aussi l’impression d’avoir acquis un certain crédit au sein de l’équipe. Pourtant, les développeurs et chefs de projet auxquels je suis confronté sont loin d’être impressionnés par l’idée de copier-coller 205+ titres d’article, dates de publication, etc. Ils trouvent cela peu élégant (comme une attaque de force brute) et idiot. Ce qui les intéresse, en général, c’est trouver une manière plus efficace de faire les choses. On se tourne volontiers vers XENU Link Sleuth et autres vérificateurs de liens qui peuvent exporter leurs listes. Malheureusement, ces outils ne sont pas non plus bien adaptés et reportent trop peu d’informations.

La bonne nouvelle est qu’il existe des crawlers dédiés aux inventaires de contenu maintenant. Ils sont encore en betâPageTrawler n’inventorie que les 50 premières pages du site en échange de votre adresse e-mail et de votre nom. Pas super. Pour le même prix (votre nom et votre adresse e-mail), vous pouvez être invité à utiliser l’outil d’analyse de contenu de Content-Insight sur 10’000 pages pendant 30 jours. L’inventaire de Pompage qui a 205 entrées m’a pris tout un week-end à faire à la main. Pour faire le test, je l’ai refait avec CAT. L’outil automatique m’a rendu un résultat en quelques minutes.

Dans celui-ci, il manque quelques colonnes spécialisées, mais les images et autres fichiers sont tous répertoriés séparément des articles dans lesquels on les utilisent. Et puis, on peut l’exporter dans un tableur pour ajouter les données manquantes et obtenir un résultat identique à l’inventaire du haut.

Les inventaires automatiques et semi-automatiques sont utiles et permettent d’accélérer le mouvement mais il ne faut surtout pas se contenter de lancer le crawler et ensuite donner les données bruts à vos collaborateurs ou vos patrons. Jamais.

S’ils peuvent s’occuper de l’aspect quantitatif, l’aspect qualitatif de l’inventaire reste votre responsabilité. L’ajout de données comme les tags et les catégories ou encore lire le contenu pour en mesurer la qualité et le ton est très important pour pouvoir répondre à des questions sur la structure du site, la qualité ou la ligne éditoriale du contenu.

TextRoom, un logiciel d’écriture

Récemment, Openweb a publié un article sur la stratégie de contenu que je leur ai soumis. Et ces quelques derniers jours, entre le défi de retour au blogging et mes ambitions de fiction, j’écris de façon assez soutenue. Sans aller jusqu’à m’inscrire formellement à Nanowrimo, ma vitesse de rédaction grimpe.

Ce rythme de publication quotidien fait des merveilles en ce qui concerne ma cadence d’écriture. Même si d’autres tâches s’accumulent sur la liste des choses «à faire», je reste convaincu que le succès peut se bâtir sur l’écriture et la publication comme je le disais dans ce billet sur le blog communautaire de Paper.li. En d’autres termes, j’applique mes propres conseils et j’espère réussir à maintenir ce rythme.

Le logiciel TextRoom est d’une aide précieuse. Il fait partie des environnements d’écriture sans distractions qui prennent toute la place sur l’écran et aident les rédacteurs à se concentrer sur leurs efforts de création de contenu. Il a quelques fonctions qui le différencie des autres et que j’adore.

  • Premièrement, la fonction «flow» désactive la touche d’effacement du clavier. Elle permet de ne pas se laisser ralentir par son éditeur interne. La seule solution est de taper, taper, taper — toujours en avant.
  • Deuxièmement, le logiciel fait des bruits de machine à écrire. On décrie volontier les interfaces skeumorphes, en ce moment. Dans ce cas, cela rend l’écriture ludique. Le but du jeu étant de faire du bruit sans discontinuer.
  • Troisièmement, on peut définir un objectif d’écriture en nombre de mots ou en minutes. Une barre en bas de l’écran affiche un pourcentage pour informer l’utilisateur de l’état d’avancement de sa tâche.

Une fois un premier jet écrit, il me suffit de le coller dans WordPress et de le relire deux ou trois fois avant d’appuyer sur le bouton «Publier».

Et vous, comment naissent vos billets et comment les éditez-vous avant de les montrer au monde?

Retirez-vous parfois certains billets?

Dimanche! Comme le dit Mlle Cassis, c’est «récré et interdit de bloguer». Pourtant, j’ai pris l’engagement de continuer et je me sens comme un écolier qui doit finir sa composition pour lundi. Je me console en me disant que les billets sans vraiment de fil conducteur ni vraiment d’utilité pourront être retirés durant un prochain nettoyage de printemps mais en attendant, je dois publier quelque chose.

Ceci m’amène à une question intéressante, retirer des billets: est-ce une violation du pacte de lecture d’un blog? Est-ce judicieux et utile?

Au fil de mes périgrinations innombrables dans la blogosphère, je n’ai pas souvent trouvé de blogueurs ou de blogeuses qui disent ouvertement retirer des billets de la circulation. Une fois, dans un blog arrêté et laissé sur le web pour la postérité, la maîtresse des lieux avait fait une petite purge et l’avait annoncée. C’était en 2005, la dame a peut-être décidé de le fermer depuis. Dans tous les cas, je ne le retrouve plus. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’est plus en ligne.

On ne peut pas espérer éradiquer quelque chose du net. Google met des pages en cache, archive.org et la «Wayback Machine» les sauvent pour la postérité. Certains visiteurs ont peut-être des copies sur leurs machines. Si une page a été en ligne, il est probable qu’elle soit encore disponible sous une forme ou sous une autre.

Entre cette réalité de base et le fait que «les URLs cools ne changent pas» selon l’adage, on peut se demander pourquoi faire un nettoyage de printemps? Les anciens billets se bonifient souvent avec le temps en attirant des liens entrants. Pourtant, il est nécessaire de se pencher sur ses archives de temps en temps. En les inventoriant au moins partiellement. On tombera inévitablement sur des billets gênants, trop mal écrits, dont le contenu est repris dans d’autres plus récents et meilleurs.

Dans ces cas, éliminer certains billets me semble légitime. Je me réserve cette option. Je me demande pourtant ce que les autres blogueurs en pensent — notamment ceux du challenge «10 Days Back To Blogging». Qu’en pensez-vous?

Lectures du week-end, 3 nov. 2012

La liste de lecture de la fin de semaine… sent la panne d’inspiration pour cette cinquième journée du défi «10-Day Back To Blogging». Tous ces liens que je partage avec des annotations sommaires ou sans annotations sur les réseaux sociaux méritent bien cette attention.

  • Dans son «A dialectic on cute», Elizabeth McGuane se demande quel ton employer dans la communication. Un certain ton de proximité et d’enthousiasme s’insinue partout des blogs de start-ups californiennes jusqu’au dos des paquets de soupe. Ce ton censé, au départ, être un moyen de se distinguer devient la norme et une forte tendance à l’hyperbole s’installe. Elle appelle à se méfier de cette tendance et considérer le ton d’une marque comme un élément de design qui peut donc être testé avec les méthodes de l’expérience utilisateur.
  • Avec «I cannot design or code a responsive website», Nick Jones parle de l’influence paralysante des conseils et des ressources de design. Les praticiens du design ont des exigences élevées par rapport à eux-mêmes parce qu’ils ont accès à toutes sortes de ressources pédagogiques en ligne. Cette pression ralentit l’adoption de nouvelles techniques. Ils tardent à se mettre au «responsive design» par peur de ne pas assez bien faire. Bien sûr, ce constat ne s’applique pas uniquement au design et au développement web.
  • Steven Levy écrit, pour Wired, «Google Throws Open Doors to Its Top-Secret Data Center» (Google ouvre grandes les portes de son centre de données top-secret). Cet article traînait dans ma liste de lecture depuis sa publication. Google doit faire croître ses infrastructures. L’entreprise est engagée dans une amélioration constante de ses centres de données pour économiser de l’énergie et de l’argent. Ils construisent leurs propres serveurs depuis un moment déjà. Peut-être créeront-ils même un jour leurs propres processeurs…
  • Un très bon article sur l’un des plus grands sites de nouvelles sportives américain: Bleacher Report. «Top 5 Ways Bleacher Report Rules the World!» (Les 5 manières dont Bleacher Report contrôle le monde) de Joe Eskenazi est un long article très fouillé . Il nous apprend, entre autres, comment fonctionne le processus de travail dans cette «rédaction» native du web: une équipe aidée d’outils sophistiqués définit des mots-clés qui deviendront populaires deux ou trois jours plus tard, des éditeurs en font des titres racoleurs, puis une armée de volontaires écrivent des articles pour justifier ces titres. Les volontaires qui amènent le plus de trafic reçoivent des badges et grimpent dans la hiérarchie jusqu’à finalement gagner un peu d’argent.

Créer une fois, publier partout

«Create Once, Publish Everywhere» et l’acronyme correspondant COPE sont devenus un mantra pour la communauté de stratégie de contenu. On peut le traduire par: «Créer une fois, publier partout». Cette phrase vient d’une refonte des infrastructures et des processus initiée par NPR, une organisation à but non lucratifs qui fédère des radios locales aux États-Unis.

Devant la multiplication des canaux de communication avec leur public (applications mobiles Android et iPhone, site web et réseaux sociaux) et l’augmentation de la concurrence entre les éditeurs de contenus, NPR a revu la distribution de son contenu pour pouvoir réagir rapidement à l’apparition de nouveaux canaux de distribution. Cette présentation de Zach Brand donne des détails techniques assez précis.

Grâce à leurs efforts, chaque histoire qu’ils produisent est disponible dans un dépôt de contenu et accessible au travers d’une API. Leurs applications mobiles, leurs sites webs, les stations locales participantes et les dévelopeurs indépendants peuvent tous puiser le contenu dans leur dépôt central. Le contenu y est stocké sans sa présentation, centralisé et bien rangé.

Cette organisation donne la possibilité de servir un nombre théoriquement infini de canaux de distribution sans dupliquer le contenu. Un seul système de gestion et de distribution de contenu permet de réduire les coûts de fonctionnement tout en permettant d’augmenter largement la diffusion du contenu.

Pour pouvoir mettre en place une telle approche du contenu, il faut tout d’abord définir une ou plusieurs unités de base et aussi une structure répétitive au sein de ses unités.

Dans le cas de NPR, cette unité est l’histoire ou «story». Chaque reportage ou segment sonore raconte une histoire et est stocké sous forme d’unité dans le dépôt.

Pour ce qui est de la structure, chaque unité possède un titre en version longue, un titre en version courte, un chapeau, un chapeau court, une date de publication, une catégorie, une photo disponible en divers formats et j’en passe.

Entrer une nouvelle «histoire» dans le système demande un peu de réflexion et un processus de travail rigoureux. L’interface du système de gestion de contenu est étudiée pour faciliter l’entrée de ces données par les collaborateurs. Puis, une fois dans le système, l’histoire pourra être présentée de mille façons différentes.

Selon le contexte, on présentera la titre long ou le court, le chapeau long ou le court, seulement le texte et pas la photo ou seulement la photo et pas le texte. L’utilisation de l’API donne une grande souplesse à la présentation du contenu.

Même s’il est difficile de dupliquer ce modèle tel quel, il est possible de s’en inspirer pour rationnaliser la production, le stockage et la maintenance de contenus d’entreprise tout en augmentant leur diffusion.