Publier ou ne pas publier?

Avec les médias sociaux qui coulent en permanence comme des rivières et réclament constamment des contenus frais, la nouveauté et l’actualité semblent être devenues des valeurs maîtresses. Il pourrait sembler que celui ou celle qui n’arrête jamais de publier des articles et de les annoncer sur les réseaux sociaux reste en tête de la course.

Cela semble vrai quel que soit la qualité des contenus. Même si seule une petite partie de la production sort vraiment du lot, les gens liront, passeront à leurs amis et retiendront celle-là. Les contenus de moindre qualité, eux, seront simplement ignorés.

Rien ne fait jamais l’unanimité et publier régulièrement demande une certaine dose de décontraction. Mais ce raisonnement ne tient vraiment la route que si l’on se donne tous les moyens de réussir et que l’on reste exigeant avec soi. Plus que jamais la qualité est importante.

Écrire des textes, filmer des vidéos, enregistrer des podcasts, puis les éditer convenablement prend un temps considérable. Ce temps est un investissement qu’il faut éviter de prendre trop à la légère. Bien sûr, quand on débute, il vaut la peine de tolérer ses propres défauts pendant qu’on travaille à devenir bon.

Par la suite, il importe de savoir ce qu’on publie et pour qui. Les crawlers de Google ne devraient vraiment pas être votre premier public cible. Jamais. Avec la mise à jour «Panda» des algorithmes de Google, entre autres facteurs, même les plus gros éditeurs de contenus à la qualité discutable se mettent à changer leurs pratiques.

Les perfectionnistes — dont je fais partie — doivent abaisser leurs exigences envers eux-mêmes juste assez pour ne pas se laisser paralyser. C’est pour cette raison que je me suis engagé auprès d’autres blogueurs à publier 10 billets en 10 jours dans ce défi à l’initiative de Stéphanie Booth.

D’un côté, se montrer, faire valoir ses compétences et forger ses idées est trop important pour ne pas s’engager en ligne. D’un autre côté, publier des contenus de mauvaise qualité peut avoir des conséquences fâcheuses sur la réputation. Se forcer à publier est un bon moyen de trouver le juste milieu, j’espère.

Les éditeurs de presse sont-ils condamnés?

On a beaucoup parlé de l’arrêt de l’édition papier de Newsweek annoncé pour la fin de l’année 2012. Le paysage de l’édition change très vite et les éditeurs cherchent de nouveaux rôles et de nouvelles sources de revenus.

Malheureusement pour eux, les éditeurs institutionnels semblent désavantagés en ligne. Sur la toile, les voix influentes sont plus souvent celles de personnes réelles. Comme l’écrit Andrew Sullivan dans son billet d’opinion sur l’abandon des éditions papiers, ce n’est pas un hasard si le Drudge Report ou le Huffington Post portent le nom de personnes. Ils offrent un point de vue unique et cela plaît.

Qui fait encore attention à l’éditeur en cliquant vers un article? Beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte lorsque l’on décide ou pas de lire. On considère

  • le titre — bien sûr,
  • l’auteur,
  • le site sur lequel le lien est partagé,
  • la personne ou la marque qui nous envoie le lien,
  • l’endroit où l’on se trouve,
  • les tâches qui nous restent à accomplir
  • et j’en passe…

Bien sûr, quelques éditeurs de journaux et de magazine restent en tête à force de les lire: le Guardian, The Atlantic, Mother Jones, The Daily Beast, Forbes, Gizmodo, Rue89, Largeur.com… Seulement, s’ils ne sont pas importants dans ma décision de cliquer ou non sur un lien vers un de leurs articles, quel peut bien être leur rôle?

Pour l’auteur, la réponse est évidente. Les grands noms offrent un accès plus facile aux sources, un environnement collaboratif rassurant dans lequel on est relu et encadré. Le lecteur qui paye en regardant des pubs ou en espèces, en revanche, ne semble pas y trouver son compte.

Plusieurs publications tentent d’apporter une réponse à ce problème. Le modèle développé par Forbes, par exemple, capitalise sur les voix individuelles tout en offrant les bénéfices d’une large organisation. Forbes devient une plate-forme permettant aux journalistes de s’exprimer sur des pages qui portent leurs marques personnelles — des blogs, en fait — comme celle de Lewis DVorkin.

Dans cette nouvelle interprétation de leur rôle, les éditeurs de presse fournissent une plate-forme sur laquelle les journalistes et leurs communautés peuvent s’épanouir. L’éditeur est garant de son écosystème. Forbes offre à ses collaborateurs, par exemple, des formations continues sur des sujets comme les médias sociaux et veille à ce que leurs voix soient clairement identifiées.

Seul l’avenir nous dira quels modèles fonctionnent le mieux, bien sûr. De notre côté de l’Atlantique aussi, les éditeurs sont à la peine et tentent de trouver des solutions. Une chose est sûre, les gens veulent du bon journalisme et les éditeurs doivent se restructurer pour pouvoir survivre et continuer à le financer.