Lise Meitner, physicienne.

Lise Meitner (1878-1968) a fourni, avec son neveu, la première explication théorique de la fission nucléaire. Le comité du prix Nobel a ignoré sa contribution en décernant le prix Nobel de chimie à Otto Hahn pour sa découverte de la fission des noyaux lourds en 1944.

Lise Meitner

Avant le centenaire de la théorie de la relativité restreinte en 2009, je n’avais jamais entendu parler de cette femme. Certains documentaires célébrant le centenaire de e=mc2 racontent son histoire. Pourquoi attendre de célébrer Albert Einstein pour parler de Lise Meitner ?

En ce jour de célébration du rôle des femmes dans les sciences, intéressons-nous un peu à elle. Lise Meitner entre à l’université de Vienne en 1901. La physique la passionne. Après son doctorat, elle entre à l’Institut Kaiser Wilhelm à Berlin et publie d’importants résultats à la fois seule et en collaboration avec le chimiste Otto Hahn.

Enrico Fermi s’intéresse, dès 1934, à la création d’isotopes radioactifs artificiels par bombardement de neutrons lents. Ses découvertes posent des problèmes théoriques que Lise Meitner, Otto Hahn et Fritz Strassmann s’emploieront à résoudre. Malheureusement, l’annexion de l’Autriche par le régime nazi force Lise Meitner à s’enfuir vers la Suède à cause de ses origines juives.

Resté en Allemagne, Otto Hahn réussira à mettre en évidence le fait que l’uranium bombardé de neutron crée du baryum. Elle parviendra, avec son neveu Otto Frisch, à expliquer les résultats expérimentaux de Hahn mais sa contribution restera largement sous-estimée.

Sources

Balade dans la nuit des musées 2011 à Lausanne

Samedi 24 septembre 2011 à 14 heures (!) commençait la Nuit des Musées 2011 durant laquelle plus d’une vingtaine de musées lausannois ouvraient leur porte aux possesseurs d’un billet unique au prix modique de 10 francs. J’en ai profité pour voir l’exposition de la Fondation de l’Hermitage intitulée « Van Gogh, Bonnard, Vallotton… » et le musée cantonal d’archéologie et d’histoire. La foule était compacte. Dans les couloirs de l’Hermitage, il fallait négocier chaque tournant, s’approcher avec délicatesse des œuvres et de leurs étiquettes pour avoir une chance de les lire. La diversité des gens présents était rafraîchissante: des habitués concentrés, une jeune étudiante en art croquant les œuvres dans son petit carnet, des jeunes néophytes amusés… « – Ah ah celle-là s’appelle les jarretières rouges ! – C’est quoi des jarretières ? ».

Les Jarretières rouges de Bonnard

Ce soir-là, la vie est entrée au musée. Les enfants passent par dessus les bandes blanches dessinées au sol, les mains en avant envoûtés par les qualités plastiques de la peinture. Les parents peinent à les rattraper avant que leurs mains n’atteignent les tableaux.

Coincés entre les gens et les œuvres, les agents de sécurité semble mis à rude épreuve. Ils réagissent chacun à leur façon à l’épuisement et au stress. Les uns s’énervent, d’autres regardent l’air inquiet autour d’eux. Une jeune femme dans son uniforme ne peut s’arrêter de sourire en expliquant à un ami qu’elle était en poste au comptoir suisse et qu’elle en a encore pour une partie de la nuit. Une historienne de l’art entre dans la salle, elle est obligée de parler comme à travers une porte fermée pour se faire entendre et assène des vérités canoniques. Elle pointe les caractéristiques de l’œuvre et la met en pièce: ce liseré blanc, cette masse bleue… son découpage lui permet des commentaires savants.

Le bus me ramène vers la Riponne. Je laisse les autres voyageurs et je marche vers le palais Rumine.

Dans le musée cantonal d’archéologie et d’histoire, une exposition permanente retrace rapidement l’histoire du canton de Vaud depuis la dernière glaciation à nos jours. Les celtes, le monde gallo-romain… encore une fois, les réactions des enfants et des adolescents face aux restes humains, aux bruitages, etc. sont aussi intéressantes que l’exposition.

Une installation avec mannequin, faux feu de bois et faux ciel étoilé nous replonge dans une soirée d’été à l’abri sous roche du Mollendruz au mésolithique. Les grognements d’animaux enregistrés causent une frayeur monumentale à une petite fille. Elle s’accroche à la jambe de pantalon de son père tandis que son frère se moque d’elle. Dans l’autre salle, la représentation du tombeau d’un prince hallstattien dans la pénombre font frissonner et glousser deux adolescentes. Les maquettes mobiles de moulins et autres machines fascinent les jeunes enfants qui semblent à peine fatigués.

Je ne sais pas si les musées seront toujours pleins. Cependant, tant qu’on aura du mal à empêcher les enfants d’embrasser les œuvres et de poser des questions, la culture se portera bien.