L’industrie informatique des années soixante

Bell Labs dans les années soixantes

Cette collection de photographie appartenant à Lawrence Harley Luckham nous renvoient dans l’industrie informatique de la fin des années soixante. À cette époque, les ordinateurs étaient des grosses armoires pleines de boutons et de cadrans posées loin des bureaux.

Les photos exhalent un délicieux parfum et les légendes sont fascinantes. Elles nous apprennent, par exemple, que les peintures accrochées dans les bureaux ont été peintes par les employés eux-même pour économiser de l’argent. Les données étaient entrées dans les terminaux et vérifiées sur papier. Les collections de bandes magnétiques sur lesquels les données étaient stockées devaient être nettoyées régulièrement. Les centres de données d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux des années soixante. On se demande à quoi ressembleront les laboratoires technologiques dans quarante ans…

Plan 28: construire un ordinateur mécanique

Charles Babbage était un mathématicien anglais du dix-neuvième siècle. Remarquant de nombreuses erreurs dans les tables astronomiques calculées par les mathématiciens et utilisées notamment pour la navigation maritime, il décide de créer une machine capable de calculer et imprimer des tables sans erreurs. La société royale des sciences accepte de financer son projet.

Malheureusement, le travail ne sera pas achevé de son vivant. En fait, il faudra attendre jusqu’en 1991 pour qu’une équipe mandatée par le musée londonien des sciences construise le cœur de la machine puis encore sept ans pour l’imprimante.

Babbage's Difference Engine

En 1837, Charles Babbage se fixe un objectif encore plus ambitieux et publie un article scientifique dans lequel il argumente en faveur de la construction d’une machine analytique programmable: un ordinateur avant la lettre. Il en dessine et redessine les plans jusqu’à sa mort. Malheureusement, là encore, sa machine analytique ne sera peut-être jamais construite.

À moins que John-Graham Cunningham ne réussisse son projet appelé “Plan 28”. Cet informaticien émérite se propose de mettre en place une organisation à but non-lucratif pour (1) numériser les plans de Babbage, (2) construire un modèle informatisé en 3d et (3) finalement construire la machine. S’il y parvient, les recherches sur Babbage auront fait un bond en avant et il aura prouvé qu’il est possible d’être 100 ans en avance sur son temps. Ainsi, espérons que la fondation qu’il va créer recevra des dons et du soutien logistique.