Les pleureuses et la colère du volcan islandais

À l’heure où j’écris ces lignes, le trafic aérien reprend petit à petit en Europe, Swiss recommence à voler même si la compagnie ne peut assurer toutes les liaisons et il semble que les cendres volcaniques poussées par leur ami le vent vont aller jouer dans l’Arctique. On se dirige calmement vers un happy end en ce qui concerne le trafic aérien et l’aéroport de Zurich en profite pour déjà demander une aide financière de l’État.

Eruption of Fimmvörðuháls at dusk.La perte de confort a été brutale. Les emplois du temps de centaines de milliers de personnes ont été chamboulés et cela a eu et aura encore des conséquences douloureuses. Durant cette petite crise, les télé-journaux de France 2 et d’autres chaînes ont brassé des quantités monumentales d’air (peut-être pour que les cendres se dissipent plus vite). Les mêmes vieux réflexes de temps de grève sont reparus: des lamentations de vacanciers coincés qui en Angleterre, qui aux USA passées en enfilade, sans vrai commentaire, ni aucune information utile.

Être coincé, que ce soit dans un train à l’arrêt au milieu de nulle part, dans un aérogare ou un bateau, n’est jamais agréable. Dans une ville étrangère, il est toujours possible de prendre son mal en patience, prolonger sa visite, aller voir la bibliothèque municipale, des musées… aller à l’aéroport et cultiver sa frustration en se plaignant à des journalistes en mal de contenus émotionnels me semble, vu de mon salon, vain.

Les tours-opérateurs obligent les gens à s’entasser dans les aéroports, disaient les journalistes. Pourtant, la reprise du trafic, après une si longue interruption, ne pouvait pas se faire d’un coup. C’était une évidence pour tous les spécialistes en aéronautique. Pas un mot sur ce sujet pourtant. Alors qu’ils auraient pu aider les gens à prendre des décisions plus intelligentes et leur éviter des souffrances inutiles, les télé-journaux ont préférés souligner l’impuissance des vulcanologues à prédire l’avenir et la détresse des voyageurs qui pleuraient devant leur hôtel.

En revanche, Twitter (avec le mot-clé #ashtag) et le web en général sont une mine d’information (bien que souvent difficiles à vérifier), d’offres de co-voiturage et de témoignages concis et utiles. Twitter, un service de diffusion de messages de 140 caractères maximum, se révèle de plus en plus indispensable dans ce genre de situation tandis qu’à chaque évènement de portée internationale, les journaux télévisés ressemblent de plus en plus à leur propre caricature. Comme celle-ci (en anglais), par exemple, tirée d’un épisode de “A bit of Fry and Laurie”.

Je trouve cela, vous l’aurez sans doute compris, un peu dommage et très irritant. Et vous, comment avez-vous vécu cette crise ? Quel est votre opinion quant à sa couverture médiatique ? Vous tournez-vous vers Twitter pour suivre l’actualité ?

Heureux dans mon minuteur !

Il y a encore quelques temps, j’aurais été incapable de trouver le temps d’écrire. Je suis victime d’un mal très commun. Je n’arrive pas à me mettre au travail. Trop de distractions. Cela vous arrive certainement aussi. Vous vous asseyez devant l’ordinateur avec l’intention d’écrire un papier pour l’uni (c’est la saison); à un moment, il vous prend l’envie de retirer vos e-mails, vous suivez un lien rigolo; très vite vous dérivez sur l’océan du web et vous ne savez plus ce que vous étiez en train de faire. Facebook, Twitter, Tumblr, l’e-mail, la télé… Ces siphons vident nos réserves de temps et d’attention. Parfois, c’est comme si tout conspirait à nous rendre improductifs.

Dans mon minuteur

Partant à la recherche de conseils pour vaincre la procrastination, je me suis inscrit à une douzaine de blogs de productivité comme Lifehacker, 43 folders, Web Worker Daily… Ces blogs publient entre un et douze articles par jour. Vous devinez aisément la suite… Imaginons que ces douze blogs publient chacun six billets par jour en moyenne. Douze fois six, septante-deux. Multiplié par trois minutes en moyenne de lecture, admettons. Cela nous donne quatre heures de lecture par jour. Bien sûr, je ne lisais pas tout, mais cette quête perpétuelle d’une solution à ma procrastination a fini par faire partie de mon problème… de procrastination! Je ne parvenais toujours pas à avancer dans mes tâches.

J’ai appris beaucoup de petites choses très utiles. Mais la plupart de ces astuces de productivité sont difficiles à transformer en habitudes et, donc, plutôt fragiles. Pourtant l’une d’elle m’a séduit par sa simplicité: utiliser un minuteur de cuisine pour délimiter des plages de temps consacrées exclusivement à une seule tâche. Pas le droit de vite retirer les mails, vite voir son profil Facebook ou s’enquérir du programme télé de la soirée. Quand le minuteur fait tik-tok-tik-tok, c’est boulot ! Ce bruit vous emprisonne et vous force à vous concentrer sur la tâche que vous avez devant vous.

Parfois, on a de la peine à commencer parce qu’on a le sentiment de ne jamais pouvoir finir… et c’est déprimant… Avec le minuteur, vous savez quand vous commencez et quand vous vous arrêterez. Vous vous mettez des limites et vous devez les respecter. Quand la sonnerie retentit, ne repartez pas tout de suite pour un tour. C’est très important. Respectez votre promesse envers vous même. Faites une pause !!!

«Combien de temps vais-je travailler ?», me demanderez-vous. Certains disent quarante-huit minutes avant une pause de douze, d’autres se limitent à vingt-cinq avant une pause de cinq minutes… essayez et ajustez ! Si j’ai vraiment de la peine à commencer une tâche, je me promets parfois de travailler dessus seulement un quart d’heure et ça marche… à vous de voir.

Francesco Cirillo a construit, en 1991, toute sa technique Pomodoro de gestion du temps autour de ce seul outil. Dans cette technique, en plus du minuteur, il conseille de garder une trace écrite des tâches, de l’estimation du temps qu’elles vont prendre, et des tranches travaillées. Son livre (en anglais) d’une quarantaine de page est disponible sur son site et explique cette journalisation en détail. Cependant, je n’ai pas encore réussi à en faire une habitude moi-même et, franchement, elle n’est pas indispensable.

Ça va bientôt sonner… je dois vous laisser 🙂